Des policiers manifestent en Martinique face au manque d'effectifs

Mobilisation des Policiers au Lamentin ce vendredi 13 septembre 2019
© Claude Gratien

Vendredi 13 septembre 2019, une centaine de policiers, de politiques et d'associations se sont réunis devant le commissariat du Lamentin pour dire stop à la violence et demander des moyens supplémentaires.

La1ère.fr avec AFP et Martinique la 1ère Publié le , mis à jour le

Une soixantaine de policiers ont manifesté vendredi devant le commissariat du Lamentin en Martinique, à l'appel du syndicat Alliance Police Nationale et SGP Police FO, pour dénoncer le manque d'effectifs notamment pour assurer la sécurité de la ville la nuit. Au total, les manifestants réclament un renfort de 50 agents immédiatement opérationnels.

Selon Raymonde Rissac, major de police mobilisée, il manque des fonctionnaires pour répondre aux appels du 17. "L'autre fois, il y avait un chef de poste et un fonctionnaire disponible tout seul, donc ils ne pouvaient pas faire de patrouille. C'est arrivé qu'il n'y ait qu'une seule voiture de patrouille (au Lamentin - ndlr) et quand les collègues arrivent sur place, ils ont besoin de renfort. Ils sont encerclés par exemple par une bande d'individus et on est obligés de faire appel au service de Fort-de-France", a-t-elle confié aux médias.

Voyez le reportage de Martinique la 1ère :

 

17 homicides

La violence est de plus en plus fréquente en Martinique, notamment dans le centre de l'île, à Fort-de-France et au Lamentin, les deux plus grosses villes du territoire, et les seules que couvre la police (le reste de l'île est encadré par la gendarmerie). Ces sept derniers mois, 17 homicides ont été perpétrés en Martinique, soit le même nombre que sur toute l'année 2018. 

Des chiffres qui inquiètent les comités de quartiers de Fort-de France. Le 4 septembre, ils se sont alliés à plusieurs syndicats, dont Force Ouvrière et Alliance Police ainsi qu'aux représentants des agents de sécurité de l'île pour dénoncer la violence et la circulation trop facile des armes à feu. 
 

"Auto-défense"

Vendredi dernier, ce collectif baptisé "Fok fey épi nou" (en créole : "Vous devez le faire avec nous") avait mené sa première action devant l'ex-Conseil général à Fort-de-France. Ils avaient été reçus par le président de l'Assemblée Territoriale de Martinique, Claude Lise, qui leur a témoigné son soutien. "On est devant une situation qui ne cesse de s'aggraver et si on la laisse continuer, on va assister à des choses de plus en plus grave et de plus en plus de citoyens voudront faire de l'autodéfense", a-t-il souligné. 

Le collectif compte défiler dans les rues de Fort-de-France le 2 octobre en écho à la mobilisation prévue à Paris, à l'appel de l'ensemble des syndicats policiers, sur fond de vague de suicides, et pour mettre la pression sur l'exécutif avant les échéances des retraites et de la loi de programmation.