Policiers blessés à La Réunion: information judiciaire contre le suspect radicalisé et sa mère

Mère du fiché S
© Nathalie Rougeau (Réunion 1ère)

Une information judiciaire a été ouverte par le parquet antiterroriste et deux mandats d'amener ont été délivrés en vue de leur mise en examen contre l'homme soupçonné de radicalisation qui a tiré sur des policiers venus l'interpeller jeudi et sa mère. 

La1ere.fr avec AFP Publié le , mis à jour le

Ces mandats d'amener ont été pris par les juges d'instruction du pôle antiterroriste dans l'attente que ces deux personnes soient transférées de La Réunion à Paris, pour être mises en examen. Le suspect de 22 ans et sa mère doivent d'ici là comparaître devant un magistrat qui statuera sur leur détention provisoire. L'information judiciaire a été ouverte dimanche pour tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle, a précisé la source judiciaire.
 
 

Tirs sur les policiers

Les policiers étaient venus interpeller le suspect jeudi à l'aube pour apologie du terrorisme, dans l'appartement où il vivait avec sa mère à Saint-Benoît de La Réunion. L'homme avait été signalé via la plateforme spécialisée Pharos, pour des propos pro-jihad sur internet, avait expliqué jeudi une source proche de l'enquête. Selon la préfecture de l'île, "l'homme a refusé de se rendre et a tiré au fusil de chasse sur les forces de l'ordre". Deux policiers et l'assaillant avaient été blessés, sans que leurs jours ne soient en danger. 
 
 

Soupçons sur sa mère

"De nombreuses armes et divers éléments permettant la confection de cocktails Molotov ont été saisis" dans l'appartement où l'homme vivait avec sa mère, ont affirmé dans un communiqué commun les ministres de l'Intérieur Matthias Fekl et des Outre-mer Erika Bareigts. L'agresseur s'était converti récemment à l'islam, selon la préfecture. Sa mère est soupçonnée de l'avoir aidé à acquérir certaines de ses armes, alors qu'elle ne pouvait ignorer la radicalisation de son fils, a expliqué à l'AFP une source proche de l'enquête.
 

Pas une première à La Réunion

Une filière jihadiste, la première en outre-mer, avait été démantelée à La Réunion en juin 2015. La filière était dirigée par un prédicateur salafiste présumé de 21 ans surnommé "l'Égyptien". Il a été interpellé en juin 2015 et transféré à Paris, où il a été mis en examen et incarcéré. Selon les chiffres de la préfecture de La Réunion, une centaine de personnes soupçonnées de radicalisation sont recensées sur l'île.
 

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