C'est très sérieux. A quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle, une pétition a été lancée sur la plateforme Change. Elle ne demande pas d'engagement aux candidats à l'élection mais à la directrice éditoriale du Robert.

Et cet engagement concerne un débat que nombre d'ultramarins ont eu lors de séjours dans l'Hexagone : la prononciation du mot "goyave".
 
"Une construction linguistique complexe fait que d'un côté, les Français de l'Outre-Mer l'appelle correctement goyave [ɡuɑ.jav], et de l'autre les Français du Continent go-yave [ɡɔ.jav]. Les dictionnaires Robert indiquent le second usage comme correct", écrit Zaka Toto, à l'origine de la pétition.
 
Et ce dernier ne manque pas d'arguments pour faire valoir la prononciation ultramarine. "On ne dit pas ro-yal, ou vo-yage, ou bo-yaux, ou lo-yal, ou no-yade, ou bro-yage, ou vo-yante, ou no-yau, ou impito-yable, ou flambo-yant, ou prévo-yant, ou cro-yant, mais bizarrement on dit go-yave!", écrit-il après être longuement revenu sur l'étymologie du mot, d'origine arawak.
 

La prononciation du continent ne transmet pas la succulence

Et surtout, déplore-t-il, la prononciation à l'hexagonale est "laide". "Elle ne transmet pas la succulence, la douceur et le bonheur que procure ce fruit dans sa prononciation normale (indigène). Au contraire, cet arrêt après [go] traduit une distance psychologique, une incapacité à penser et à parler correctement de ce fruit qui ne pousse pas sur le Continent"
 
Quatre jours après le lancement de cette pétition qui vise les 1 500 signataires, ils sont déjà 1 273 à  avoir signé. Et les commentaires révèlent une véritable exaspération sur le sujet, de toute évidence particulièrement sensible.
 

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Une fois le nombre de signatures souhaité obtenu, la pétition sera remise à Marie-Hélène Drivaud,  la directrice éditoriale au dictionnaire Le Robert.  

Lire le texte de la pétition ici