Les Outre-mer au cœur de la bataille de chiffres autour de la sécurité routière et des 80 km/h

Sécurité routière : l'outre-mer, variable d'ajustement des chiffres du gouvernement
© PASCAL PAVANI / AFP

L'association "40 millions d'automobilistes" conteste les chiffres "historiques" de la sécurité routière présentés lundi 28 janvier. L'association qui s'oppose au 80 km/h affirme que les données relatives aux Outre-mer n’ont pas été comptabilisées. Un point de vue qu'il convient de nuancer. 

La1ère Publié le , mis à jour le

L'association "40 millions d'automobilistes" qui mène un combat contre l'application des 80 km/h sur les routes, accuse le gouvernement de "flagrant délit de mensonge" sur les chiffres de la sécurité routière, en indiquant que l'Outre-mer n'est pas pris en compte. Edouard Philippe a présenté ces nouveaux chiffres de la sécurité routière ce lundi 28 janvier et n'a pas caché sa satisfaction:  

Ils sont historiques ! Il n'y a jamais eu aussi peu de morts sur les routes française qu'en 2018 (...) 3 259 personnes ont perdu la vie mais c'est 189 morts de moins qu'en 2017. C'est 3 950 blessés de moins qu'en 2017. Le nombre de blessés hospitalisés pendant 24 heures a baissé de 25 %. C'est un chiffre exceptionnel. Nous sommes capables collectivement de réduire la mortalité sur les routes françaises.

 

Pierre Chasseray,  le délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes, est très loin de partager la satisfaction d'Edouard Philippe. "Les chiffres métropolitains sont sensiblement les mêmes qu'en 2013 (année record), mais avec les Dom-Tom on est au-dessus de 2013", indique t-il dans Le Parisien. Des arguments que l'association détaille sur sa page Internet: 

Au total, 3503 personnes tuées sont à déplorer en 2018 sur les routes françaises (de la France entière), et non 3259 à mettre en regard avec les 3427 tués sur la France entière en 2013. En effet, si les chiffres métropolitains de 2018 sont sensiblement les mêmes que ceux de 2013, la prise en considération de ces données pour les DOM-TOM fait en revanche état d’une augmentation de la mortalité routière de +2,2% (+76 tués) par rapport à 2013.


 

Des chiffres en baisse là où s'appliquent les 80 km/h 

En comptabilisant  les chiffres des Outre-mer, le nombre de morts sur les routes demeure au-dessus de l'année 2013. Toutefois, ils ne permettent pas d'affirmer que l'application des 80 km/h est un "échec incontestatble". Le journal Les Echos apporte cette précision du ministère des Outre-mer: 

Aucune collectivité d'outre-mer (Saint-Martin, Wallis-et-Futuna, Polynésie française et Nouvelle-Calédonie) n'applique cette mesure parce qu'elles ont la compétence sur le Code de la route...Contrairement à tous les départements et régions d'outre-mer Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte et Saint-Pierre-et-Miquelon où le Code de la route est identique à celui de la métropole. 


Dans les départements d'Outre-mer où est appliquée la mesure des 80 km/h, "on comptabilise 148 tués en 2018, contre 159 en 2013. Le chiffre baisse aussi par rapport à 2017 où l'on comptait 152 morts dans les DOM." Dans les Collectivités d'Outre-mer où ne sont pas appliquées les 80 km/h, on compte 96 tués en 2018, alors qu'il y avait 68 tués sur les routes en 2013. La hausse est donc importante, y compris par rapport à 2017, où l'on comptait 84 morts sur les routes, rapporte Les Echos. 

L'association "40 millions d'automobilistes" a donc raison d'indiquer que les chiffres présentés ce lundi 28 janvier par le gouvernement ne sont pas "historiques", mais elle a tort d'en tirer profit pour affirmer que ces chiffres sont l'illustration de l'échec de l'application des 80 km/h.