Onze ans après le crash d'Air Moorea, le procès débute à Tahiti

Onze ans après le crash d'Air Moorea, le procès débute à Tahiti
© CHRISTOPHE LEPETIT. / ONLY FRANCE

Le procès de la petite compagnie aérienne Air Moorea débute ce lundi à Papeete, jugée pour "omissions et négligences", 11 ans après le crash d'un de ses avions qui avait causé la mort de 20 personnes en Polynésie.
 

La1ère (avec AFP) Publié le , mis à jour le

Le 9 août 2007, un Twin Otter, qui assure la liaison entre Moorea et Tahiti, s'abîme dans l'océan juste après le décollage, à environ un mille de l'aéroport de Moorea. Le pilote et les 19 passagers meurent tous dans le crash. L'avion coule rapidement et quinze corps seulement sont retrouvés.

L'enquête avait conclu que l'accident était consécutif à la rupture d'un câble de gouverne, qui présentait "une usure importante". A la suite de cet accident, le Bureau d'Enquêtes et d'Analyses (BEA) avait recommandé "de contrôler au plus vite les câbles en acier inoxydable" de tous les avions turbopropulseurs DHC-6 Twin Otter.

Procès "hors norme"

La compagnie Air Moorea et sept personnes (des responsable d'Air Moorea, du service d'Etat de l'Aviation civile en Polynésie et du Groupement pour la sécurité de l'aviation civile) seront jugées pour homicides involontaires, jusqu'au 26 octobre. Ils sont soupçonnés d'avoir, "dans l'exercice de leurs fonctions respectives, commis des omissions et négligences".

La société anonyme Air Moorea encourt 225.000 euros d'amende, les autres prévenus des peines maximales de 3 ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende. A Papeete, ce procès est considéré comme "hors normes". Il doit durer trois semaines, avec 137 parties civiles, dont 80 devraient être présentes (38 venant de métropole).

Il est jugé "sensible" par le ministère de la Justice, qui a pris en charge le coût de transport des parties civiles, de leur lieu de résidence vers la Polynésie
française. Le 6 septembre, la Cour d'appel a accordé des indemnités d'un montant compris entre 17.000 à 92.000 euros aux proches des victimes, en fonction de leurs liens de parenté. Des montants bien inférieurs à leurs demandes et jugés "choquants" par Nicolaz Fourreau, président de l'Association 9-8-7 (en référence à la date du crash, le 9/08/2007) de défense des familles de victimes du crash.
    
Au moment du crash, le bi-moteur était exploité par Air Moorea depuis un an et avait passé une visite de contrôle le 18 juillet précédent. Le pilote, âgé de 53 ans, comptait 3.500 heures de vol.