Roch Wamytan président du Congrès : les réactions

Mosaïque réactions à la présidence du Congrès
© NC la 1ere

L'élection de Roch Wamytan à la présidence du Congrès ne laisse pas indifférent, en Nouvelle-Calédonie. Il faut dire que le leader indépendantiste a reçu le soutien du parti wallisien et futunien L'Eveil océanien. Et que la même démarche de candidature commune se profile pour le gouvernement.

Rédactions de NC la 1ere, avec Françoise Tromeur Publié le , mis à jour le

 

Milakulo Tukumuli, l'Eveil océanien

 

Construire un modèle de société qui soit le miroir de la population.


«L'Eveil océanien incarne le changement», réagit Milakulo Tukumuli, président de L'Eveil océanien. «Il faut continuer ce changement. Vous avez entendu le discours du nouveau président du Congrès. Ce n'est pas une majorité indépendantiste, c'est une majorité océanienne que nous venons de constituer. Je l'ai dit tout au long de ma campagne: au-delà du clivage indépendantistes et non-indépendantistes, nous devons construire un modèle de société qui soit le miroir de la population de Nouvelle-Calédonie.»

 

Roch Wamytan, UC-FLNKS et Nationalistes

 

On espère que ce rassemblement océanien au Congrès puisse se poursuivre au gouvernement.


Première réaction de Roch Wamytan, de retour au perchoir du Congrès grâce à l’Eveil océanien et à Louis Kotra Uregei, du Parti travailliste : «Evidemment, je les remercie et c’est un signe du fait que ces deux groupes se sentent proches de nous par rapport aux programmes sur lesquels nous avons été élus et sur la démarche que nous engageons pour construire l’avenir ensemble.»
Le leader indépendantiste espère déjà un scénario similaire dans quelques semaines : le prochain gouvernement collégial va être élu par le Congrés. Si les mêmes équilibres sont conservés, les indépendantistes pourraient emporter la direction de l'exécutif.«On espère que ce rassemblement océanien, ici au Congrès, puisse se poursuivre au niveau du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Nous allons pouvoir imprimer notre marque dans tout ce qui se fait.»

 

Virginie Ruffenach, l'Avenir en confiance

 

Ce choix est un acte politique très fort et ne présage pas d’un avenir serein.


«Aujourd'hui, l’Eveil océanien a fait le choix de l’indépendance. D’un candidat indépendantiste, en tout cas», estime Virginie Ruffenach, cheffe du groupe l'Avenir en confiance au Congrès. «Ils auront à en répondre. Nous, nous avons été droits dans nos bottes. Les propositions à L’Eveil océanien ont été très généreuses : vice-présidence à la province, exécutif du gouvernement, exécutif de la province avec les vice-présidences également. Pour trois élus au Congrès...»

Et d'évoquer l'étape suivante, la composition du gouvernement: «Ce choix est un acte politique très fort et ne présage pas d’un avenir particulièrement serein. Il serait inenvisageable, pour les Calédoniens et pour la Calédonie, qu’il y ait un président du gouvernement indépendantiste alors que les Calédoniens, le 4 novembre et le 12 mai, ont fait le choix de dire: "Nous sommes majoritairement, très majoritairement, non indépendantistes." Ce serait un déni de démocratie.»

 

Paul Néaoutyine, UNI

 

Je pense bien qu'on va se retrouver [avec l'Eveil océanien].

 
«Nous œuvrons, nous, pour qu'il y ait une vraie collégialité, aussi bien au Congrès qu'au gouvernement», développe le président de la province Nord et leader du Palika. «Les trois Eveil océanien ont dit qu'ils sont là pour faire évoluer la situation sociale, améliorer les chose pour la communauté. Quelque chose que nous, les Kanak, on a fait depuis longtemps. Ils gardent leur liberté, je tiens à le dire, mais comme nous l'avons fait jusque-là. Nous étions minoritaires, ici. Mais toutes les fois où les propositions de réforme vont dans le sens de nos objectifs de plus d'équité et de construire le destin commun à tous les niveaux... Je pense bien qu'on va se retrouver également.»  
 
 

Philippe Michel, Calédonie ensemble

 

Une faute politique [de l’Avenir en confiance].


Selon le chef de groupe Calédonie ensemble au Congrès, l’élection au perchoir d’un indépendantiste est de l’entière responsabilité des vainqueurs des provinciales. «Lorsqu'on gagne les élections, on a le devoir en particulier de garantir la stabilité politique des institutions, martèle Philippe Michel. L'Avenir en confiance qui a gagné ces élections a refusé cette logique. Ils ont décidé de truster tous les postes à la province Sud et de nous proposer à nous, Calédonie Ensemble, un poste (président du Congrès) qu'ils ne maîtrisaient pas faute d'accord avec L'Eveil océanien. C'est une faute politique, et aujourd'hui, on en mesure les conséquences.»