Yaté au rythme de la dengue

Prévention de la dengue à Yaté, tribu de Waho (3 mars 2018)
© NC La 1ère / Jeannette Peteisi | Depuis février, un agent en charge de la prévention pour la province Sud parcoure les tribus de Yaté.

Officiellement déclarée depuis le 22 février, l'épidémie de dengue en Nouvelle-Calédonie touche en particulier la petite commune de Yaté. Depuis le mois dernier, les habitants, qui se montrent inquiets, sont sensibilisés à la façon de prévenir la maladie ou de réagir quand elle se déclare.

Jeannette Peteisi, Brigitte Whaap et Cédric Michaut (F.T.) Publié le , mis à jour le

Samedi matin, une jeune femme de Yaté a été évacuée en ambulance pour être hospitalisée au Médipôle, à Dumbéa. La faute à la dengue qui sévit particulièrement dans la petite commune du Sud: sur 172 cas enregistrés en Calédonie depuis le 1er janvier, 67 concernaient Yaté, loin devant les 28 de Nouméa et les 20 de Poindimié.

Cas de dengue par commune
© Dass-NC | Yaté, Nouméa et Poindimié recensent le plus de cas déclarés.

«Les anti-moustiques branchés constamment»

Les malades de Yaté se situent en particulier à Touaourou et Waho, où les habitants se protègent chacun à sa façon. «Avec les enfants, on vide les sous-pots. On a fauché ce matin et on passe dans la cour pour voir s’il n’y a pas de l’eau qui stagne», décrit cette mère de famille. «Chez moi, les anti-moustiques sont branchés constamment et pour mes enfants, c’est les répulsifs qu’on vaporise sur le corps, le matin et à la tombée de la nuit, renchérit un voisin. Et à l’école, le corps enseignant demande d’apporter un répulsif dans le sac.»

Dispensaire de Yaté
© NC La 1ère / Jeannette Peteisi | Le dispensaire de Yaté.

«Ils sont très inquiets»

L’inquiétude se lit sur certains visages. Beaucoup d’interrogations quant aux précautions à prendre pour limiter l’épidémie. Depuis février, un agent de prévention arpente justement les tribus pour la D-Pass, la direction provinciale des affaires sanitaires et sociales. «Quand j’arrive chez les gens, ils sont très inquiets, ils posent plein de questions», rapporte Nelly Meureureu-Goin, qui décrit son rôle: «Je leur demande si je peux faire un tour de jardin avec eux. Je fais un rappel pour les gites larvaires. Sur ce que les gens doivent faire pour se protéger. A quel moment de la journée ils doivent le plus faire attention aux moustiques, et je rappelle qu’on est passé en épidémie.»

Type 2

Cette année, c’est surtout la dengue de type 2 qui sévit, elle représente les deux-tiers des cas typés. Or, la dernière épidémie de ce genre date de 1998. Beaucoup de Calédoniens ne sont donc pas immunisés.

Le reportage de Brigitte Whaap et Cédric Michaut.

Les bons gestes

• Détruire les gîtes larvaires en éliminant tout ce qui peut recueillir de l’eau de pluie, d’arrosage, de stockage (récipients, encombrants, gouttières…) à l’intérieur et aux abords des habitations

• Se protéger des piqûres de moustique

• Détruire les moustiques adultes

• Eviter les déplacements et se protéger des piqûres de moustique en cas de maladie, pour ne pas propager le virus

• Consulter un médecin dès l’apparition des signes.

Plus de renseignements sur le site de la Dass-NC.