Pour ses vingt ans, le festival de La Foa amorce un tournant

Festival du cinéma de la Foa 2018: prix du meilleur court-métrage, Roland Rossero
© NC la 1ère | Roland Rossero, fidèle du festival depuis sa première édition, reçoit le nautile du meilleur court-métrage.

La vingtième édition qui s'est finie hier a vu le festival du cinéma, né à La Foa en 1999, battre un record de fréquentation. Le prix du meilleur court-métrage est revenu à un fidèle déjà primé la première année. Mais surtout, l'édition 2018 restera marquée par le partenariat établi avec le CNC.

Bernard Lassauce, Michel Bouilliez et Françoise Tromeur Publié le , mis à jour le

En 1999, Roland Rossero recevait le prix du meilleur court-métrage lors du tout premier festival de La Foa. Le film s’appelait Et si on refaisait les 10 commandements… Vingt ans après, comme un clin d’œil de cinéma, Roland Rossero remporte le même trophée. Cette fois, son bébé s’intitule Blessures et samedi soir, lors de la cérémonie de clôture dans la salle Jean-Pierre-Jeunet, il a aussi reçu le prix technique Aline Marteaud-Da Silva. Un Nautile dédié à cette grande amie de l’audiovisuel calédonien disparue il y a trois ans, qui a été remis par son fils aîné. 
 

Festival du cinéma de la Foa 2018, Gérard Darmon
© NC la 1ère / Françoise Tromeur | Gérard Darmon à l'ouverture du festival qui marque son retour en Calédonie.
 

«Plus cette petite odeur d’amateurisme»

Vingt ans d’évolution, de profusion, de progression. Invité d’honneur à deux reprises et onze ans d’intervalle, Gérard Darmon est à même de faire des comparaisons. «Les histoires, la narration, les acteurs, la réalisation… Toute l’approche qui fait le cinéma, tout ça s’est amélioré, tout ça est à un très bon niveau maintenant», déclarait le président du jury samedi soir. «Ça n’a plus cette petite odeur d’amateurisme qu’il y avait il y a une dizaine d’années. Dans amateur, il y a amour, c’était bien aussi. Mais là, on sent que les structures ne sont pas les mêmes, que les gens font différemment. Et même au niveau des acteurs, des actrices, j’ai trouvé ça très encourageant.» 
Le reportage de Bernard Lassauce et Michel Bouilliez.
 

Jean-Pierre Swan distingué pour son rôle de sage

Le prix d’interprétation masculine est revenu à Jean-Pierre Swan pour son jeu d’acteur dans L’Arbre et la pirogue. Le film de Sébastien Marquès avait reçu le prix Océans au festival de Cannes,  en clôture de la Quinzaine des réalisateurs. A La Foa, il décroche également le prix spécial du jury.
 
Festival du cinéma de la Foa 2018, prix d'interprétation masculin à Jean-Pierre Swan pour L'Arbre et la pirogue.
| Beaucoup plus connu pour ses talents de musicien, Jean-Pierre Swan a reçu le prix du meilleur acteur avec «L'Arbre et la pirogue».
 

«Enormément de choses à raconter»

«On a une culture calédonienne, et kanak, extrêmement riche. Il y a énormément de choses à raconter, à montrer, insiste Sébastien Marquès. Là, c’est avec un grand plaisir que je vois cette année la sélection des courts-métrages, qui utilisent énormément ces particularités calédoniennes. Ce qui en fait des films assez uniques et pourtant universels.»
  

Six prix, trois courts

Cette année, les six prix de la catégorie ont été répartis entre trois seuls courts. Car le titre de la meilleure comédienne est revenu à Sophie Guérin, non pas pour le court qui lui a valu sa nomination, à savoir L’étincelle, la flamme, le feu de Ludovic Hutier. Mais pour son rôle de gendarme calédonienne confrontée à un mystérieux accident de la route dans La Tête tournée. Or, ce film co-réalisé par Fabien Dubedout et Erwann Bournet décroche également le prix de l’Agence du court-métrage. 
 
Festival du cinéma de la Foa 2018, prix d'interprétation féminine à Sophie Guérin pour La Tête tournée.
| Le jury a choisi de distinguer Sophie Guérin dans un autre court que celui pour lequel elle était nominée: «La Tête tournée».
 

Manifeste contre l'homophobie

Dans un autre concours, mention spéciale au jeune talent Vincent Pigeot. Il repart avec un Nautile d’or pour Châtiée d’avoir aimé, un manifeste contre l’homophobie plein d’émotion.
 
Festival du cinéma de la Foa 2018, Nautile d'or BNC Jeunes talents à Vincent Pigeot.
© NC la 1ère | Le Nautile d'or BNC Jeunes talents revient à Vincent Pigeot.
 

Le public choisit le clip Lost Highway

En matière de clip, les prix ont été attribué à Inu, réalisé par Chloé Boutin et Fabien Laubry autour du groupe homonyme; à Hna ushiwa, d'Antoine Roulleau, pour Hpejele; et le public a choisi Lost Highway, de Marceau Goulon, pour le groupe Seeds (à visionner ci-dessous dans la version diffusée pour le vote).
 

L'important partenariat avec le CNC

Mais des 21 récompenses attribuées cette année, l’une revêt une importance toute particulière. Terence «Tesh» Chevrin va bénéficier d’une résidence d’écriture dans le cadre de son projet Ni 28, pour l’amener du court au long-métrage. Il a en effet reçu le prix CNC Talent. Un prix remis pour la première fois à La Foa et pour cause: le Centre national du cinéma et de l'image animée vient de signer une convention avec la Nouvelle-Calédonie, c’était le soir de l’ouverture. Il a par ailleurs attribué au festival le label Talent.
 

Eligibles aux aides à la création

Grâce au partenariat qui existe désormais entre le CNC et le festival de La Foa, les lauréats du concours NC 1ère de court-métrages seront éligibles aux aides à la création attribuées par le Centre national. Voilà qui devrait aider à professionnaliser et structurer la filière audiovisuelle en Calédonie.
 
Festival du cinéma de la Foa 2018, réalisatrice australienne Saara Lamberg, 29 juin
© NC la 1ère / Françoise Tromeur | Cérémonie d'ouverture du festival de La Foa 2018, avec la réalisatrice australienne Saara Lamberg.
 

Trois invités du Pacifique

Cette vingtième édition aura également été marquée par les trois invités représentant notre vaste région: 
-Dorothée Basel, la directrice artistique du French film festival de Nouvelle-Zélande;
- Anthony Taitusi, réalisateur wallisien;
- et Saara Lamberg, réalisatrice australienne d’origine finlandaise dont la robe de star et la petite mise en scène ont marqué le tapis rouge.
 

Record de fréquentation

Et ce n’est pas tout: l’événement cinéma qui a su se rendre incontournable en deux décennies décompte cette année plus de 8500 festivaliers. Il fête donc son vingtième anniversaire en s’offrant un petit record de fréquentation.

Le palmarès 2018

Prix CNC Talent
Accompagnement à l'écriture d'un long-métrage: Terence «Tesh» Chevrin pour son projet de film Ni 28 - strate II

Concours NC la 1ère de courts-métrages
• Prix Nouvelle-Calédonie 1ère du meilleur court-métrage: Blessures, de Roland Rossero

• Prix spécial du Jury province Sud: L’Arbre et la pirogue, de Sébastien Marquès 

• Prix d’interprétation masculine Les Nouvelles calédoniennes: Jean-Pierre Swan, pour son rôle dans L’Arbre et la pirogue de Sébastien Marquès 
• Prix d’interprétation féminine Les Nouvelles calédoniennes: Sophie Guérin, pour son rôle dans La tête tournée de Fabien Dubedout et Erwann Bournet 

• Prix technique Aline Marteaud-Da Silva: Blessures, de Roland Rossero 

• Prix de l’Agence du court métrage: La tête tournée, de Fabien Dubedout et Erwann Bournet 

Courts contre la montre avec le soutien de la province Sud

Aide à l’écriture et au développement pour: 
- Langage de sourds...cils, de Luc Mauduit 

- 52 mètres plus tard, de Frédéric Rabaud et Clotilde Gourdon

- SOS alcool, de Lucas Claeyssen 

- Une flèche pour deux, de Pierre Quatrefages


Concours Sacenc de clips
• Prix Sacenc du meilleur clip: Inu, de Chloé Boutin et Fabien Laubry  (auteur, compositeur : Eric Canehmez; interprète : Inu) 
• Prix du Jury Sacenc-Poemart: Hna ushiwa, d'Antoine Roulleau (auteur, compositeur, interprète : Hpejele)

• Prix NC 1ère du public: Lost highway, de Marceau Goulon (auteur, compositeur, interprète : Seeds )

Concours BNC Jeunes talents

• Nautile d’or BNC Jeunes talents: Châtiée d’avoir aimé, de Vincent Pigeot
• 
Nautile d’argent Jeunes talents soutenu par la Denc: Histoire de genre, du collège de Boulari 
(responsable de projet, Magali Tejada; intervenant, Jeanne Vassard)
• 
Nautile de bronze Jeunes talents soutenu par le vice-rectorat: Ce qu’on ne vous a pas dit sur l’école, de l’école Guy-Champmoreau (responsable de projet, Louis Waishitine) 

Concours Movielis de très courts-métrages
• 
Prix Movielis du meilleur très court-métrage: L’Arbre à canettes, d'Odile Dufant 

• Prix du Jury Movielis: Je ne t’abandonnerai jamais, de Lucas Claeyssen 

• Prix Mobilis du public: Connectés à la vie, de Pierre Vallance

Prix du public Le Méridien

Au revoir là-haut, d’Albert Dupontel