Le domaine de Deva bloqué par un collectif d'associations

Blocage domaine de Deva (3 février 2018)
© La 1ère / Nicolas Fasquel | Une centaine de personnes se sont rassemblées à l'entrée du domaine de Deva.

Sur le littoral de Bourail, l'accès au domaine de Deva où se trouve l'hôtel Sheraton a été bloqué toute la matinée de samedi. Au nom du collectif Güaro, une centaine de personnes se sont mobilisées, pour dénoncer l'impact de l'activité touristique sur l'environnement mais pas seulement.

Dave Wahéo-Hnasson, avec F.T. Publié le , mis à jour le

A partir de cinq heures ce samedi, l’accès au complexe hôtelier du Sheraton et au domaine de Deva en général a été bloqué par une mobilisation du collectif Güaro. Une centaine de personnes se sont disposées à l’entrée, les véhicules ne pouvant ni entrer ni sortir. 

Blocage domaine de Deva, manifestants (3 février 2018)
© La 1ère / Nicolas Fasquel

Algues et gouvernance

Ce collectif est composé d’associations environnementales et économiques de la région, y compris de coutumiers. La pollution aux algues vertes, qui ont envahi deux kilomètres de côtes alors que le lagon est classé au patrimoine mondial, a été la goutte d’eau qui déclenche le blocage. Au-delà de ce problème écologique, les manifestants entendaient dénoncer la gouvernance du domaine de Deva. La mairie de Bourail et la province Sud étaient dans le collimateur du collectif dont un représentant résume: «Nous sommes ici pour défendre les intérêts de nos enfants et de nos petits-enfants. Cette gestion de Gouaro doit être repensée.»

Blocage domaine de Deva, panneau contre golf et hôtel (3 février 2018)
© La 1ère / Nicolas Fasquel | Le golf était pointé du doigt en février 2018

Discussions 

C’est donc un ras-le-bol général qui s'est fait entendre. A la mi-journée, des discussions avaient lieu entre des porte-paroles du mouvement, le commissaire délégué et une représentante de la province. Le climat était apaisé et aucune dégradation n’était avérée. Le blocage a été levé peu après midi.

«Pris en otage»

La province Sud a réagi en parallèle par voie de communiqué. «Les diverses revendications exprimées ne justifient pas que les activités économiques, les employés et les visiteurs du Domaine soient pris en otage», y déplore l’institution. «La province a donc engagé les démarches judiciaires pour que l’Etat rétablisse et garantisse la libre circulation des personnes sur la voie publique, et se réserve le droit de porter plainte pour réclamer des dommages et intérêts aux personnes identifiées comme responsables du blocage.»

Blocage domaine de Deva, discussions (3 février 2018)
© La 1ère / Nicolas Fasquel

«Un sujet sensible»

Pour le reste, la collectivité provinciale se dit «bien consciente que le projet Deva, par son cadre naturel et son histoire uniques, sa structuration innovante qui intègre la population locale dans sa diversité […] et par son ambition de rééquilibrage économique du nord de la province, est un sujet sensible, qui suscite de grandes attentes et véhicule de nombreuses passions.»

Blocage domaine de Deva, panneau province (3 février 2018)
© La 1ère / Nicolas Fasquel

«Ecoute et communication»

Rappelant le long processus de concertation qui lui a donné naissance, le communiqué ajoute: «l’écoute et la communication sont indispensables pour traduire concrètement ce protocole et continuer de faire avancer le Domaine de Deva, avec et pour la population bouraillaise. C’est dans cette logique que le président de la province, comme annoncé en séance publique de l’assemblée du 29 décembre 2017, a confirmé, par courrier du 16 janvier, et par mail du 2 février aux différentes associations et structures mentionnées dans le courrier du collectif Gouaro, qu’une réunion serait organisée pour rappeler les fondements du projet Deva, et échanger sur ses actualités et perspectives.»

Réunion le 15 février

Le collectif Güaro attend désormais cette réunion envisagée au retour du président, Philippe Michel, le 15 février à 8h30 à la Maison de Deva.

Le reportage de Dave Wahéo-Hnasson et Nicolas Fasquel.