Histoire: Poum fête ses 40 ans

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© Cedrick Wakahugneme | Le 5 janvier 1977, Poum se détache officiellement de la commune de Koumac.

En 1977, Poum, à l'extrême Nord de la Nouvelle-Calédonie, se détache de la commune de Koumac. Cette étape décisive a complètement modifié son avenir. Aujourd'hui, elle mise sur le développement économique de sa région.

Cédrick Wakahugneme Publié le , mis à jour le

De vieux registres des conseils municipaux, de vieilles photos en noir et blanc, Henriette Hmaé Tidjine, le souffle coupé, laisse entrevoir un sourire au coin des lèvres. "Quand je vois ces archives, je me dis qu'il a fallu que Poum se détache de Koumac pour la commune puisse se moderniser", confie l'édile de la commune, "Sur cette photo, on voit le premier Maire de l'époque, Raymond Bwauva-Kaleba, qui signe la convention de concession d'énergie avec Enercal pour la mise en route de la première centrale électrique de Poum". Quelques années plus tard l'électrification de la tribu de Tiabet et une partie de la tribu d'Arama est réalisée. Depuis 2014, le bouclage du Nord a permis à la commune de se raccorder au réseau général de la ligne porteuse provenant de Népoui. 

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© Cédrick Wakahugneme | Henriette Hmaé Tidjine dirige la mairie de Poum depuis 2008.
Il fallait tout construire à Poum

Le 5 janvier 1977, Poum se détache officiellement de la commune de Koumac. L'arrêté sera promulgué quelques jours plus tard, le 25 janvier. Le petit-chef de la tribu de Titch, Raymond Bwauva-Kaleba est élu, sous la bannière de l'Union-Calédonienne, Maire de la commune. "C'était nécessaire que l'on quitte Koumac» se souvient l'ancien conseiller, Williom Padome, "On était un peu les oubliés. On avait un sacré retard en terme d'aménagement car tout se faisait surtout sur Koumac". Tout est désormais à construire. Les élus savent que la tâche est exhaustive. "Ils ont d'abord recensé l'ensemble des bâtiments publics laissés par l'administration de Koumac", raconte Henriette Hmaé Tidjine, la Maire de Poum, "Il y a avait déjà les écoles publique du village, d’Arama et de Tiabet et notamment l'annexe de la Mairie de Koumac ». « Le premier bâtiment de la Mairie était situé dans les locaux de la banque Indosuez », se rappel Gisèle Martin, la première secrétaire général de Mairie, aujourd’hui à la retraite, « Elle se trouvait dans le lotissement de la Cofrémi, qui datait déjà des années 60". En 1978, la commune va finalement s'installer dans l'actuelle Mairie. 
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© Cédrick Wakahugneme | La mairie de Poum va être entièrement rénovée.
L’eau et les routes, premiers projets de la 1ère mandature

Lorsque la Mairie de Poum voit le jour, les premiers mois ne sont pas de tout repos. « Il fallait tout apprendre et mettre tout en place », confie Gisèle Martin, « Avec l’aide de la commune de Koumac, j’ai pu apprendre les bases de l’organisation comptable et administrative avec messieurs Etienne Tourte et Fernand Chenu pour pouvoir lancer cette commune. Il faut dire aussi que le conseil municipal de l’époque était bien déterminé à réaliser de belles choses sur Poum ». En plus des écoles, la priorité du Maire Raymond Bwauva-Kaleba a été l’adduction en eau potable sur la commune et les routes. « Aujourd’hui, on parle beaucoup de développement économique », indique Williom Padome, le petit-chef de Tiabet, « mais sans eau et sans routes, on ne peut rien faire. C’est cette lourde tâche que nous devions accomplir »
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© Cédrick Wakahugneme | Williom Padome est le petit-chef de Tiabet.
Gérer encore les besoins primaires
 
En 1977, la commune de Poum comptait 500 habitants. Aujourd’hui, sa population a quasiment triplé. Son premier budget avoisinait les 80 à 90 millions de FCFP à un peu plus de 400 millions en 2017. « Le retour des populations sur leurs terres d'origines a créé de nouveaux besoins », souligne Henriette Hmaé Tidjine, l’édile de la commune, « Aujourd’hui, en l’espace de 40 ans, nous sommes toujours en train de régler nos besoins primaires. La problématique de l’eau touche l’ensemble de nos populations et notamment tous nos ilots. » En période de grande sécheresse, les réservoirs en eau potable doivent être ravitaillés par des camions citernes trois fois par semaine. « Du coup, nous sommes contraints à trouver d’autres sources d’eau potable », renchérit Madame le Maire, « Cela fait quelques années que nous multiplions les contacts avec la SLN afin de nous approvisionner au pied du massif minier ». La tâche est longue mais la municipalité ne désespère pas un jour de trouver une solution. « On peut faire de grands projets sur Poum », indique Gisèle Martin, l’ancienne secrétaire général, « le cadre est idyllique donc pourquoi ne pas faire de cette commune une véritable cité balnéaire ». La commune compte deux structures hôtelières avec le gîte de Poingam, structure mise en place à l’époque de la région nord et l’hôtel « Malabou », créée en 1992, par la Sofinor. Aujourd’hui, la pêche reste la première ressource de développement de la population de Poum.
 
Les pionniers gardent de beaux souvenirs
 
Pour son quarantième anniversaire, la commune n’a pas prévu de grandes festivités. Ces pionniers gardent de beaux souvenirs au moment de la création de Poum. « C’était un véritable challenge et je ne regrette pas d’y avoir participé », confie fièrement, Gisèle Martin. « On a travaillé pour notre commune et notre population. C’était ça, l’essentiel », renchérit Williom Padome, l’ancien conseiller municipal. Dans les prochains mois, la petite Mairie va être entièrement rénovée. Sur le bâtiment existant, un projet d’agrandissement permettra à l’ensemble de son administration de trouver sa place dans ces espaces encore trop étroits. Une véritable transformation qui permettra à Poum de poursuivre son développement et envisager de nouveaux projets.