Les pêcheurs de Lifou ont repris une activité normale

Unité de pêche de la société Munun (décembre 2017)
© NC 1ère | A l'unité de pêche de la société Munun.

Après un mois d'interrogations, les pêcheurs de Lifou ont retrouvé le sourire: la pêche et la consommation des produits de la mer peuvent se faire en toute sécurité, ont confirmé les analyses. La fin d’une période de flottement qui a perturbé la filière à l’approche des fêtes.

Philippe Kuntzmann, avec F.T. Publié le , mis à jour le

Il est 20 heures, au port de Hnassé. Alex Rigourd rentre de sa deuxième sortie en mer du jour: langoustes le matin, poissons en soirée. Il fait partie des petits pêcheurs de Lifou qui fournissent l’unité de conditionnement des produits de la mer, et ne s’est guère senti pénalisé par l’interdiction de pêche liée à la pollution aux hydrocarbures. Elle concernait davantage les espèces fréquentant le littoral.

«Pour la plupart, on pêche plus au large»

«Pour la plupart, on pêche plus au large, au niveau des DCP», explique le professionnel en évoquant les dispositifs de concentration de poisson. «Ça concernait davantage le pélagique et le vivaneau, ça n’a pas eu vraiment d’impact.» 

Poisson stocké

«On a quand même fait des prélèvements très très rapidement, précise-t-il. Dès qu’il y a eu l’interdiction, qu’on a eu la réunion avec les experts et la mairie. On les a envoyés le plus tôt possible pour analyse. Les analyses sont revenues, elles étaient bonnes.» Cette dizaines de petits pêcheurs a donc profité des installations de l’unité de conditionnement pour temporiser et garantir la vente des produits: «Pour nous, ça allait, dans le sens où la poissonnerie a stocké notre poisson en attendant d’être sûrs.»

Bateau de pêche dans le port de Hnassé, à Lifou (décembre 2017)
© NC 1ère | Alex Rigourd rentre au port de Hnassé.

P​roblème de communication

Pour les huit salariés de la SARL Munun, en revanche, le chiffre d’affaires de ce mois de décembre ne sera pas exceptionnel. «Nous, notre impact, c’était uniquement la langouste: on n’a pas pu acheter de langoustes durant ce laps de temps, raconte son responsable d’exploitation, François Provost. Mais le reste, on pouvait ! On n’avait pas d’interdiction. Et il n’y a pas eu de communication… D’où une perte de  50 % de chiffres d’affaires sur le poisson.» Une communication aux professionnels comme au public qui a pesé dans l’activité de l’unité.

Une cuisinière soulagée

Plus au Sud, c’est Eugénie Halua qui exprime son soulagement, alors que la cuisinière de l’Oasis de Kiamu réceptionne sa commande de langoustes et de crabes : les visiteurs ne se seraient pas contentés pas d’une dinde, pour un Noël au bord de l’eau…
Le reportage de Philippe Kuntzmann, diffusé le soir du 24 décembre.