Une convention entre l’UNC et la province des Iles sur les langues kanak

Lifou centre de formation et de recherches langues kanak
© René Molé

Un partenariat a été signé ce mercredi matin entre l'université de Nouvelle-Calédonie et le Centre de recherche et de Formation en langue et Culture kanak des Iles loyauté. Une reconnaissance pour cette unité de recherche implantée à Lifou.

Natacha Cognard et René Molé (CM) Publié le , mis à jour le

Le président de la province des iles Loyauté aux côtés du président de l’Université de Nouvelle-Calédonie : le moment est important. 
Après l’accueil coutumier, la signature de la convention-cadre qui lie les deux institutions.

Lifou convention UNC Province des Iles Loyauté
© René Molé
 

« Créer ensemble des outils »

Il s’agit d’une reconnaissance académique du centre de recherche et de formation en langues et cultures kanak des îles Loyauté.
« Ce qui est bien, c’est qu’on arrive à travailler ensemble sur des concepts qui sont communs, pour qu’on puisse s’entendre et surtout qu’on puisse créer ensemble des outils » souligne Richard Waminya, directeur du centre de Hnëxujia.  "Ce n’est plus un travail isolé, mais c’est un travail où tout le monde se renforce, un peu à l’image de la case ».  
 

Un enrichissement mutuel 

« Il y aura un enrichissement à la fois pour la province des Iles en bénéficiant de cet aspect de reconnaissance académique, et pour l’université, en ayant accès à des domaines de recherche qui sont relativement méconnus et pour lesquels tant reste à faire, et à publier » renchérit Gaël Lagadec, le président de l’UNC. 
Lifou centre de formation et de recherches langues kanak
© René Molé
 

Des formations depuis 2012

Au centre de Hnëxujia à la tribu de Hnadro, des formations sont proposées aux professeurs des écoles depuis 2012.
Ils y apprennent à utiliser des outils pédagogiques pour sensibiliser les élèves à l’usage des langues kanak notamment le drehu, le nengone, le paicî et l’ajië.
Le but : faciliter l’apprentissage scolaire    
«  A Drehu, on est privilégiés parce que les enfants vivent déjà dans leur contexte socio-culturel, donc du coup, c’est profitable pour nous parce que déjà les enfants sont locuteurs et c’est plus facile pour nous de faire passer les apprentissages en Drehu pour être mieux à l’aise dans sa langue et ensuite appréhender la langue véhiculaire qu’est le français » explique Sera Kaï, professeur des écoles en langues et culture kanak. 
Le travail entre le centre des Iles Loyauté et l’UNC ne fait que débuter. 
Un comité technique et scientifique devrait être crée pour accompagner les formations des locuteurs et la recherche linguistique.
Le reportage de Natacha Cognard et René Molé