Comment protéger l'environnement tout en accueillant toujours plus de croisiéristes ?

Île des Pins
© NC1ère

Les chiffres du tourisme de croisière en Nouvelle-Calédonie devraient tripler dans les dix prochains années. L'Île des Pins, principale escale des bateaux de croisière, doit améliorer l'accueil de ces touristes tout en protégeant ses ressources naturelles.

Elif Kayi (avec C.A.M. et B.T.) Publié le , mis à jour le

Aujourd'hui, la Nouvelle-Calédonie accueille environ 400 000 croisiéristes par an. D'ici dix ans, ce chiffre devrait tripler. L'Île des Pins, grande bénéficiaire du tourisme de croisière se retrouve confrontée au dilemne posé à toutes les îles accueillant un nombre important de touristes : comment améliorer l'accueil des croisiéristes tout en minorant l'impact sur l'environnement des zones les plus fréquentées ?
 
Depuis le début de l'année, la Province Sud a lancé plusieurs travaux et aménagements sur l'île. Au total, 740 millions de francs CFP sont alloués à ce grand projet. 
 
Actuellement, un nouveau bloc sanitaire est en construction sur la baie de Kuto, à quelques mètres des anciens sanitaires désormais condamnés. Un autre bloc sanitaire a déjà été réalisé dans la forêt de Bugny, ainsi qu'un sentier pédestre. Le mur du soutainement et le petit wharf ont été restaurés, et ce dernier doit encore être sécurisé et agrandi. 
 
"Aujourd'hui, on a des bâteaux de 3000 personnes, ce qui signifie deux chaloupes qui arrivent à chaque fois", commente Herman Kouathé, coordinateur de la D.E.F.E pour l'Île des Pins. "En prévision des futurs bateaux, on va poser un ponton flottant qui permettra d'avoir quatre chaloupes en même temps".
 
Les vestiges du bagne de Kuto doivent aussi être restaurés et les blocs de béton qui restent d'un ancien hôtel en baie de Kanumera doivent être retirés. 
 
Si l'objectif des travaux vise d'abord à améliorer l'accueil des croisiéristes, le but est aussi de limiter l'impact des milliers de visiteurs hebdomadaires. 
 
"Le principal impact est environmentale", explique Thierry Reydellet, directeur de la Direction de l'économie, de la formation et de l'emploi de la Province Sud. "Quand un bâteau arrive à l'Île des Pins, ce sont 2000 personnes qui débarquent."
 
Les croisiéristes se concentrent presque exclusivement sur les sites de Kuto et Kanumera. "On se pose la question de diffuser l'afflux de ces croisiéristes sur d'autres sites", poursuit Thierry Reydellet."On travaille avec les autorités locales et avec les porteurs de projets de façon à faire émerger ailleurs qu'à Kuto des projets grâce auxquels les croisiéristes pourront se poser pour la journée."
 
Effrondement des talus, érosion du littoral, dégradation de l'état de santé du corail... De nombreux problèmes, particulièrement à Kanumera, ont été relevés dans un diagnostic environmental réalisé en 2015 par la Province Sud. Et il y a d'autres pollutions auxquelles on ne pense pas forcément, comme l'usage de crèmes solaires. 
 
"Ce sont des micro-pollutions qu'on ne voit pas, mais à long terme cela a un impact sur la qualité de l'eau, sur les récifs mais aussi sur les poissons", souligne Max Kouathé, un habitant de l'île.
 
Les crèmes solaires non respectueuses de l'environnement pourraient d'ailleurs être prochainement interdites sur l'île. 
 
Retrouvez le reportage en images de Caroline Antic-Martin et Béatrice Tardy pour NC1ère, deuxième volet de la série dédiée au tourisme de croisière :