Protection des sternes : la Province sud interdit les hélicoptères au Phare Amédée

sternes néréis
© Coralie Cochin

Beaucoup l’ignorent mais la sterne néréis est l’espèce la plus menacée du lagon. Cet oiseau marin se reproduit chaque année, en cette saison, sur l’îlot Amédée. La Province sud vient de prendre une mesure radicale pour protéger leurs nids : interdire les posés d’hélicoptères. Une première. 

Coralie Cochin avec Loreleï Aubry Publié le , mis à jour le

Sur l’îlot Amédée, la cohabitation est depuis longtemps difficile entre les hélicoptères de tourisme et les sternes néréis, qui viennent pondre chaque année, de mai à septembre. Pour favoriser leur nidification, la Province sud a fermé l’accès d’une partie de l’îlot au public il y a quelques années mais la mesure a montré ses limites. 


Une interdiction jusqu’à la mi-août 


Quant à la zone d’atterrissage des hélicoptères, elle a été décalée et aménagée en hélistation. Problème, un imprévu est venu changer la donne il y a quelques semaines avec le rapprochement des néréis aux pieds de ce mini aérodrome. Il a donc fallu faire preuve de réactivité.  
 


Cette année, c’est la première fois que des néréis sont venus se mettre aux pieds quasiment de cette hélistation donc on a souhaité que soit mis en place une interdiction temporaire de se poser sur l’îlot durant une période de deux mois. 

- Michel Mai, chargé d’études à la direction de l’environnement de la Province sud.


Les professionnels du tourisme accusent le coup 


Cette espèce des sternes néréis est menacée à l’échelle mondiale. Si on estime à 2000 le nombre de couples de sternes sur la planète, la Nouvelle-Calédonie en compterait une centaine. L’enjeu de leur protection est donc considérable. Un respect de l’environnement à concilier avec développement économique car, côté tourisme, l’îlot Amédée est un site très prisé pour les tours en hélicoptères.  Les prestataires vont devoir s’adapter à cette interdiction.
 

On comprend bien évidemment qu’il faut protéger cette nature et ces oiseaux qui nidifient sur nos îlots. En même temps, ça met un coup de frein au tourisme. On va devoir aller sur un autre îlot situé à une distance équivalente à celle du Phare Amédée et puis voilà… on va gérer la situation comme ça…

- Thierry Astier, directeur d’Hélisud.


Chaque année, ces sociétés proposant des tours en hélicoptère sont limitées à deux-cents mouvements par îlot. Un chiffre loin d’être anecdotique… Cela équivaut, avec le décollage et l’atterrissage, à cent rotations par an sur chacun de ces îlots.