Propos sur le blocage de la RP1: Roch Wamytan s'explique

Mosaïque réaction de Roch Wamytan
© NC la 1ere | Le coutumier et politique s'exprimait durant un blocage de la route parsemé de heurts violents.

Le grand chef de Saint-Louis se dit «désolé» si ses propos du 5 novembre «ont pu être mal exprimés»: dans un communiqué, Roch Wamytan réagit à la polémique qui a suivi sa réaction au blocage de la route du Mont-Dore après le référendum. 

Françoise Tromeur
Publié le , mis à jour le

«Les gens sont en colère, il faut les laisser un petit peu s’exprimer, non?» Ces mots tenus par Roch Wamytan le lundi 5 novembre ne sont pas passés inaperçus, c’est le moins qu’on puisse dire. Ils ont même fait un joli scandale, alors que dans le même temps, le Mont-Dore était coupé en deux, et que des heurts violents opposaient les gendarmes et des fauteurs de trouble sur la RP1, dans la traversée de Saint-Louis. 
 

«Les gens sont en colère, il faut les laisser un petit peu s’exprimer, non?»
Roch Wamytan, le 5 novembre

 

Au lendemain du référendum

Le responsable coutumier, président du groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès, les a tenus à la sortie du haut-commissariat où il venait de s’entretenir avec le Premier ministre au lendemain du référendum. Interrogé par la presse, il était alors questionné sur ce blocage, depuis la nuit précédente, de la route qui dessert la partie Sud du Mont-Dore et Yaté. 
  

«Il faut aller les calmer, et puis c'est tout»

Et de développer les raisons, selon lui, de cette «colère»: «Beaucoup de jeunes Kanak, à Saint-Louis mais aussi un petit peu partout, n’ont pas pu exercer leur droit à l’autodétermination, estime-t-il alors. Dans beaucoup d’endroits, le dispositif que nous avons mis en place avec le haut-commissaire n’a pas pu fonctionner correctement. Résultat des courses: des jeunes se sont présentés et ils n’ont pas pu aller voter. Maintenant, il faut aller les calmer, et puis c’est tout.»
 

«Mes propos ne reflètent pas ma pensée, ils ont pu être mal exprimés, j’en suis désolé.»
Roch Wamytan, le 15 novembre

 
Coupure de la RP1 à Saint-Louis, 5 novembre
© NC la 1ere / Françoise Tromeur | Saint-Michel, le matin du 5 novembre.
 

«Je n'encourage pas la violence»

Dix jours plus tard, Roch Wamytan a justifié ces mots qui «ont provoqué des réactions négatives et violentes à mon égard laissant croire que je cautionnais cette situation», selon le communiqué diffusé ce jeudi. «Mes propos ne reflètent pas ma pensée, ils ont pu être mal exprimés, j’en suis désolé, mais je tiens à affirmer ici que je n’encourage pas la violence passée et à venir et que depuis des années, nous tentons avec tous les acteurs concernés de trouver des solutions pérennes et des issues positives à  ce genre de situation lorsqu’elles se présentent.»
  

«Mal-être»

«J’entends aussi, derrière les actes d’incivilités d’une partie de notre jeunesse, le ressenti d’une incompréhension, d’une colère, d’un rejet, d’un mal-être, écrit-il plus loin. Mais il n’est pas possible de cautionner des formes d’expression physiques violentes de ce mal-être.»
 

«Poursuivre le travail engagé»

En conclusion, le grand chef de Saint-Louis résume: «je souhaite rassurer quiconque que je ne peux cautionner la violence comme moyen d’expression mais qu’au vu de la situation de notre jeunesse, il est important de poursuivre le travail engagé qui permettra de trouver des alternatives stables à toute forme d’expression violente.»

Un communiqué à feuilleter ici.