Pirogue Meryemana : cap vers un nouvel horizon [MàJ]

pirogue
© La 1ère

Coup d’envoi du chantier éducatif « Meryemana », cette pirogue en état de délabrement avancé qui va être rénovée par une vingtaine de mineurs en rupture avec la société. 

 

Alix Madec avec Loreleï Aubry Publié le , mis à jour le

Réhabiliter afin de réinsérer, c’est l’objectif du chantier de reconstruction de la pirogue Meryemana accueillie ce mardi à Nouville. Près de 25 mineurs confiés à la Protection judiciaire de l’enfance et de la jeunesse se sont mis au travail pour redonner ses lettres de noblesse à cette géante des mers. Selon Jonathan Tikoré, président de l’association Kenu One Project, ce projet est, avant tout, un moyen d’échanger.  « C’est beaucoup de rigueur parce que l’entretien c’est une discipline quasi militaire. Il faut de l’investissement, il faut fournir une charge de travail qui est conséquente, il faut être régulier. Il y a l’aspect spirituel également car la pirogue, on la construit, mais on se construit aussi à travers les valeurs qu’elle propage. On remet ainsi en question notre identité, qui on est et ce qu’on fait. C’est ce qui est magique sur les chantiers pirogue… » 


Renouer avec la culture océanienne 


Ce projet, aussi concret que symbolique, devrait permettre aux mineurs de renouer avec la culture océanienne. L’une des particularités de ce navire est notamment d’être amphidrome, c’est à dire capable de se déplacer dans tous les sens. « C’est un beau challenge, on va remettre cette pirogue à flots, la rénover avec l’aide des deux associations (Vakalédonie et Kenu One Project) et d’un charpentier de marine qui viendra discuter avec les jeunes car ce que nous voulons, c’est créer du lien social. Je pense que ce sera intéressant pour eux de s’ouvrir à ce côté culturel. » explique Fred Thomas-Dumont, chef de service éducatif de la protection de l’enfance et de la jeunesse.
 

Acquérir un savoir-faire et un savoir-être 


Au contact des différents intervenants, les mineurs auront l’opportunité d’acquérir des connaissances utiles à une éventuelle future réinsertion professionnelle. Ils travailleront notamment avec des équipements utilisés dans des entreprises calédoniennes spécialisées dans le bois. « J’attends qu’ils y trouvent un intérêt, une motivation et j’espère une petite lumière. L’idée est de tenter de leur ouvrir de nouveaux horizons, de nouvelles envies, de leur apprendre des choses. On n’a jamais la garantie de rien quand on fait ce genre de projet mais si, au moins, un seul sur 25 en tire quelque chose, alors on aura gagné. » confie Philippe Naudin, président de l’association Vakalédonie

Une jolie manière d’offrir un nouveau départ à ces jeunes en difficulté, qui se succèderont sur le chantier pendant plus de sept semaines. 

Le reportage de Caroline Antic-Martin et Gaël Detcheverry : 
[MISE A JOUR 9 juillet 2019] 
Le point sur le chantier avec ce reportage de Caroline Antic-Martin et Brigitte Whaap