Le parc naturel de la mer de Corail devient plus concret

Tortues aux Chesterfield
© WWF France / Marc Oremus

La Nouvelle-Calédonie place sous haute protection les récifs «pristines», c'est-à-dire quasiment intacts, qu'abrite le parc naturel de la mer de Corail. Certains seront totalement interdits d’accès. D’autres, soumis à autorisation pour des activités touristiques.

Coralie Cochin, Erik Dufour et Patrick Nicar, avec F.T. Publié le , mis à jour le

Ils étaient annoncés, ils ont été soumis à la consultation publique, et les voilà adoptés. Le gouvernement calédonien a pris mardi les trois arrêtés destinés à mieux protéger, mais aussi à valoriser, le parc naturel de la mer de Corail. Ses précieux récifs éloignés et sauvages sont désormais placés sous les plus hauts niveaux de protection définis par l'UICN, l'Union internationale pour la conservation de la nature.
Le reportage télé d'Erik Dufour et Patrick Nicar.

SUITES PARC MER DE CORAIL
 

Quatre ans après sa création

Etendu sur 1,3 million de km2, le parc de la mer de Corail, créé en 2014, représente l'une des plus vastes réserves marines au monde. Il abrite une biodiversité exceptionnelle, avec plus de 2000 espèces de poissons, 310 espèces de coraux et plus d'un tiers des récifs «vierges» de la planète.
 

Activité interdite dans les réserves intégrales

L'un des arrêtés qui vient d'être pris classe en réserves intégrales 7 000 km² du parc, connus pour accueillir tortues vertes, requins ou baleines à bosse. Sur cette superficie qui équivaut à celle de la province Sud, toute activité sera interdite, sauf la surveillance, la sauvegarde de la vie humaine en mer et la recherche scientifique.
Voici les zones concernées:
- le Nord des lagons et des récifs des Chesterfield;
- plusieurs îlots et récifs coralliens situés dans le Sud des Chesterfield et dans Bellona;
- les récifs de Pétrie et de l’Astrolabe;
- l’atoll de Pelotas et les récifs Guilbert à d’Entrecasteaux.
 
Cartes parc de la mer de Corail
 

Réserves naturelles ultra réglementées

Le reste des Chesterfield-Bellona et des atolls d'Entrecasteaux est passé en réserves naturelles. Soit 21 000 km² - c'est plus que toute la Grande Terre - ultra réglementés, notamment pour le tourisme professionnel: accès payant, autorisation préalable pour les opérateurs touristiques, interdiction des bateaux de plus de 200 passagers, limitation du nombre de personnes débarquées, présence à bord de personnel formé aux bonnes pratiques du parc...
 

Un arrêté spécial d'Entrecasteaux

Enfin, le troisième arrêté adapte le plan de gestion en vigueur sur les atolls d’Entrecasteaux, inscrits depuis dix ans au patrimoine mondial de l’Unesco.
 

«Je me réjouis de cette bonne nouvelle pour la Nouvelle-Calédonie, la France et la planète : c’est une avancée concrète et irréversible!»

 

Salué par Sébastien Lecornu

En sanctuarisant une partie de sa zone économique exclusive, la Calédonie espère servir de modèle à l’international, et faire venir des scientifiques dans ce point chaud mondial de la biodiversité. L'adoption de ces arrêtés est applaudie depuis Paris. «C'est une étape majeure dans la structuration du parc naturel marin de la mer de Corail, qui abrite et protège près d'un tiers des récifs coralliens les plus précieux de la planète», salue le secrétaire d'Etat à la Transition écologique, Sébastien Lecornu, qui se réjouit «de cette bonne nouvelle pour la Nouvelle-Calédonie, la France et la planète : c’est une avancée concrète et irréversible!»
 
 

«Les premières mesures de protection»

Le directeur de l'ONG Pew Charitable trust en Nouvelle-Calédonie y voit un énorme progrès. «Après quatre années peu fructueuses, résume Christophe Chevillon, ces derniers temps, en quelques mois, on a réussi à avoir une avancée considérable dans ces travaux du parc, et notamment les premières mesures de protection.»
Ecoutez ses propos recueillis par Coralie Cochin.
 

«Véritables forêts tropicales de l’océan»

«Ces écosystèmes sont de véritables forêts tropicales de l’océan!, se réjouit de la même façon le responsable local du WWF, Hubert Géraux. Nous veillerons maintenant à ce que le gouvernement calédonien continue dans cette lancée […], notamment en renforçant la surveillance de ces sites ainsi qu’en réglementant plus strictement les activités touristiques et la circulation maritime.» John Tanzer, du WWF international, souhaite au passage «que cette décision inspire les gouvernements à entreprendre des actions similaires». 
Chesterfield, île longue.
© Société calédonienne d'ornithologie | L'île longue des Chesterfield.
 

«Grave erreur d’appréciation».

Ensemble pour la planète continue pour sa part de protester contre l'ouverture des Chesterfield au tourisme de croisière. S'appuyant notamment sur les 4400 signataires de sa pétition, EPLP estime que le gouvernement calédonien «commet une grave erreur d’appréciation»