Le journal de campagne du samedi 4 mai 2019

Journal de campagne 4 mai 2019
© NCla1ère

J-8 : au sommaire, les portraits d’Edouard Léoni et Germaine Nemia-Bishop, la campagne sur le terrain, la rubrique paroles d’électeurs ou les réactions au positionnement de Sonia Lagarde dans la campagne. 

Caroline Moureaux avec les rédactions de NCla1ère Publié le , mis à jour le

Portrait de candidat : Edouard Léoni, tête de liste « « Calédonie Nouvelle et Réunie »

Edouard Léoni  est né un 25 juillet 1963 à Nouméa. Il se dit à l’image du pays, métis d’une maman polynésienne et d’un papa dont le grand-père est Suisse Italien et la grand-mère de Lifou de la tribu de Xepenehe. Un métissage qui selon lui est aussi à l’image de ce que représente son parti « Calédonie Nouvelle et Réunie ».
« J’ai pu rassembler autour de moi une équipe de collaborateurs et de collaboratrices qui ont compris que la société calédonienne est métisse, qu’elle souhaite un renouvellement, non seulement des visages, mais surtout des pratiques de politique publique pour qu’enfin, l’intérêt général de la majorité de la population soit reconnu ».  
En 2012, Edouard Leoni obtient son doctorat en droit public à l’université d’Auvergne. Il y présente sa soutenance de thèse : « l’autonomie financière de la Nouvelle-Calédonie pendant l’Accord de Nouméa ». Après une expérience de chef de cabinet au gouvernement de Nouvelle-Calédonie sous l’ère Frogier entre 2009 et 2010, il enchaîne en tant que conseiller technique à la présidence de la Province Sud durant presque quatre ans. Aujourd’hui Edouard Leoni est consultant spécialisé dans les finances publiques et les stratégies du nickel.
La force de son parti ? « Notre force, c’est que nous avons une volonté ferme d’engager la réforme structurelle, et nous le ferons parce que nous avons pas de lobbies qui nous soutiennent. Nous sommes complètement financés par cotisation, nous jonglons avec nos ressources et nous sommes en train de démontrer que la politique n’est pas une histoire de moyens, mais une histoire de convictions. » 
Fiche candidat Edouard Léoni
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Portrait de candidate : Germaine Nemia-Bishop tête de liste « Mouvement néo-indépendantiste et souverainiste Iles » 

Née le 27 mai 1964 à Nouméa, Germaine Nemia-Bishop travaille dans l’enseignement depuis une trentaine d’années, institutrice, puis professeure des écoles, elle est affectée depuis 2008 à la direction de l’Enseignement de la Nouvelle-Calédonie.
Germaine Nemia-Bishop est d’ailleurs la première Calédonienne à avoir obtenu un Certificat d’aptitude spécialisé, option langues et cultures régionales. Un enseignement qu’elle développe depuis sa prise de fonction à la DENC. Egalement auteure, elle a produit des outils pédagogiques et des applications numériques. Elle a aussi écrit des ouvrages en Nengone et dressé le portrait politique de Nidoïsh Naisseline. Germaine Nemia-Bishop a grandi dans une famille maréenne très engagée, a suivi la politique dès  l’âge de 15 ans, notamment aux côtés des Foulards rouges. Elle a soutenu de nombreux indépendantistes mais toujours dans l’ombre. Elle s’est réellement lancée en 2017 lors des législatives  sous la bannière « Rassemblement autochtone et souveraineté partagée ». A bientôt 55 ans, elle vise cette fois l’assemblée de la Province Iles en tirant la liste « Mouvement néo-indépendantiste et souverainiste ».
Fiche candidat Germain Nemia-Bishop
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La campagne sur le terrain

Plus défavorisée en termes de développement que la zone VKP, la côte Est a reçu hier  la visite de plusieurs leaders de l'Union Calédonienne. A Hienghene, un meeting a rassemblé plusieurs centaines de militants de l'UC FLNKS. Le reportage de Gilbert Assawa et David Sigal


Calédonie Nouvelle et Réunie tenait ce matin un meeting au Fale Fono de Païta. La liste a réaffirmé sa volonté de lutter contre les inégalités sociales, avec des mesures comme l'augmentation sur dix ans du SMG et du minimum retraite. Avec son programme d'engagement composé de cinquante mesures, la liste, qui se définit comme une droite sociale, veut se démarquer des anciens partis par sa volonté de réforme. 
On écoute la tête de liste Edouard Léoni, au micro de Coralie Cochin et Laura Schintu.
 

Paroles d’électeurs : ce qu’ils attendent des élus

Notre rubrique s'intéresse ce soir à Kerving Catteaux. Ce gérant d'une boulangerie de Nouméa nous parle des changements qu'il aimerait voir dans la Province sud après les élections.
Il répond à Lorelei Aubry et Cédric Michaut
 

Sonia Lagarde s’engage dans la campagne électorale (par Bernard Lassauce)

La maire de Nouméa a indiqué cette semaine qu’elle soutenait les candidats de l’ « Avenir en Confiance ». Un positionnement qui fait réagir.
Impossible de cacher cette joie qui s’exprime à longueur de pages Facebook chez les candidats de l’Avenir en confiance. Sonia Lagarde y est la plus grande, la plus belle, dotée de toutes les qualités…politiques s’entend. Les remerciements pleuvent. 
Sur la page du parti cela donne : « femme de courage, personnalité profondément attachée au maintien de la Nouvelle Calédonie dans la France, c’est pour nous un honneur de recevoir son soutien ! »
Les candidats, surtout les candidates de la liste AEC y vont aussi de leurs louanges personnelles à propos de la maire de Nouméa. 
Virginie Ruffenach affiche madame le maire en portrait, bannière Bleu-Blanc-Rouge en avant, pour illustrer ces mots choisis :  « Merci à Sonia Lagarde, maire de Nouméa pour son soutien précieux qui est un immense encouragement pour chacun d’entre nous ».
Sonia Backès, elle, s’en tient sobrement au communiqué : « L’heure du choix a sonné. J’ai décidé à titre personnel de faire confiance à l’Avenir en confiance, et j’invite les électrices et les électeurs à en faire de même le 12 mai prochain ». Mais elle n’hésite pas à réagir. Jointe au téléphone, la tête de liste de l’Avenir en confiance évoque « un grand coup dans la campagne électorale, un soutien très important qui souligne l’échec de la mandature de Calédonie Ensemble ».
C’est que Sonia Lagarde pèse lourd dans l’électorat de la capitale. 31% des voix au premier tour en 2014, soit plus de 12 000 électeurs. Certes obtenus sous l’étiquette de Calédonie Ensemble. Mais on sait que madame le maire, malgré le divorce consommé d’avec son parti, avait réussi à conserver sa majorité au conseil municipal avec le soutien de nombreux conseillers CE et des élus Républicains. A l’image de Françoise Suvé, une de ses adjointes que l’on retrouve en cinquième position sur la liste AEC.
Et comme le bilan de Sonia Lagarde est plutôt positif dans l’opinion, cette part d’électorat nouméen risque de se poser bien des questions le 12 mai. D’autant qu’ici et là,  par quelques piques, elle n’oublie pas de régler ses comptes avec son ex-parti. Au choix : « Personne ne peut imposer sa légitimité » ou bien « un constat économique accablant… je ne souhaite pas revivre ce qu’on a vécu pendants cinq ans », ou alors « l’Avenir en confiance à fait le pari de l’intelligence ».
Du côté de Calédonie Ensemble, tout juste rappelle-t-on que  « Sonia Lagarde est sortie de Calédonie Ensemble de longue date. Elle a oublié  qu'elle a été élue maire en 2014 sur une liste Calédonie Ensemble».
Et pour répondre à son « attachement aux valeurs de la République française », CE lui rappelle un passé pas si lointain : « Elle a oublié combien elle avait critiqué ceux qu'elle soutient aujourd'hui lorsqu'ils avaient hissé le drapeau du FLNKS et élu Roch Wamytan à la présidence du Congrès... »
« L’enjeu est grand, je ne pouvais pas rester en retrait… » explique la maire de Nouméa.  Ce que Sonia Lagarde avait fait aux dernières législatives (rester en retrait) vis à vis des candidats Philippe Dunoyer et Sonia Backès. Cette fois elle est montée en première ligne et de quelle façon. 
 

L'agenda de campagne du dimanche 5 mai

8h30, à Païta au Dock socioculturel, meeting de clôture L'Eveil océanien
10 heures, à Thio tribu de Borendy, rencontre publique Parti travailliste Sud
11 heures, à Poya, déjeuner-débat Calédonie ensemble
14 heures, à Touho village, réunion publique UNI
17 heures, à Lifou tribu de Luecila, réunion publique Palika îles