Le journal de campagne du jeudi 9 mai 2019

Mosaïque journal de campagne du 9 mai 2019
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J - 3 : au sommaire, les portraits d'Axelle Normandon, Gérard Poadja et Roch Wamytan; le face à face entre Alain Descombels et Veylma Falaeo; Luther Voudjo invité de la radio; le sprint final de la campagne; ou encore la polémique autour d'une brochure à charge.

Françoise Tromeur avec les rédactions de NCla1ere Publié le , mis à jour le

Portrait de candidate : Axelle Normandon, tête de liste «MNIS Nord»

Institutrice pendant vingt-cinq ans, Axelle Normandon, née Mainguet le 9 juin 1974, a vu passer des milliers d’élèves. Mais cette Calédonienne originaire de Pouébo a choisi de quitter l’enseignement pour se consacrer à ses cinq enfants, et à la population du Nord.
En 2009 et 2014, lors des précédentes provinciales, elle fait campagne auprès de Calédonie ensemble sur la liste «Une province pour tous». Aujourd’hui, Axelle Normandon tire la liste du MNIS Nord. La candidate se retrouve dans son projet de société. «On attend depuis trente ans, depuis le début des accords de Matignon, la construction de notre pays, explique-t-elle. Je ne me suis jamais retrouvée dans aucun parti qui proposait ce que le MNIS propose aujourd'hui.»
Ce nouveau mouvement existe depuis le lendemain du référendum, rappelle Axelle Normandon: «Une grosse réflexion a été amenée à ce moment-là. Ça a permis aux gens de se poser vraiment des questions de fond sur notre pays.»
Déterminée, la quadragénaire milite pour la mise en valeur des compétences. Celles, dit-elle, de la jeunesse calédonienne, en grande partie diplômée, qui aspire à de grandes responsabilités.
Et la qualité qu'un élu doit avoir? «Ecouter son peuple. Elle est là, la base. Si les élus sont où ils sont, c'est parce que des hommes et des femmes les ont mis dans des sièges pour les représenter.» 
Provinciales 2019: fiche candidat d'Axelle Normandon
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Portrait de candidat : Gérard Poadja, «Une province pour tous, Calédoniens ensembles, pour un avenir du pays dans la paix aux couleurs de la France»

Gérard Poadja naît le 30 septembre 1963 à la tribu de Poindah, à Koné. Il est issu de la lignée des grands chefs du district de Poindah, l’une des deux grandes chefferies de la région Koné-Pouembout.
L’homme se lance en politique à la fin des années quatre-vingt-dix, au sein du RPCR. En 2001, il prend la tête de la liste du parti pour les élections municipales à Koné et gagne deux sièges au conseil communal.
De 2004 à 2009, il dirige à Poindimié l’antenne de l’Adraf, l’Agence de développement rural et d’aménagement foncier. Aux provinciales de 2009, sa liste «Une province pour tous» dans le Nord arrive cinquième. Au sein de cette assemblée, Gérard Poadja se montre solidaire de l’UNI du président sortant Paul Néaoutyine, avec lequel Calédonie ensemble montre le plus sa volonté de discuter de l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.
En août 2012, le voilà élu président du Congrès pour un an. C’est la première personnalité politique du Nord à ainsi occuper le perchoir du boulevard Vauban. En 2017, il est élu dès le premier tour au sénat, où il siège comme apparenté au groupe Union centriste. 
Gérard Poadja fait partie de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées. Il est président délégué du groupe d’amitié France Vanuatu Iles du Pacifique, tout particulièrement chargé de l’amitié interparlementaire avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Pour les provinciales 2019, ce cadre dirigeant de CE est tête de liste dans le Nord avec  «Une province pour tous, Calédoniens ensembles, pour un avenir du pays dans la paix aux couleurs de la France».
Provinciales 2019: fiche candidat Gérard Poadja
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Portrait de candidat : Roch Wamytan, tête de liste «FLNKS» dans le Sud

Roch Wamytan, né le 13 décembre 1950 à Nouméa, est le petit-fils de Léon Wamytan. Chef de la tribu de Saint-Louis et grand chef du district du Pont-des-Français, au Mont-Dore, auquel il succède en 1989. Il est aussi le petit-fils de Roch Pidjot, chef de La Conception, président fondateur de l’Union calédonienne et député de 1964 à 1986. 
Entré un temps au séminaire Saint-Paul, Roch Wamytan abandonne sa vocation de prêtre pour suivre des études d’économie à l’université Lyon 2. Il commence sa carrière professionnelle au Fonds d’aide au développement de l’intérieur et des îles, premier outil créé, en 1975,pour le rééquilibrage en faveur des Kanak.
Sa carrière politique, elle, débute dans le cabinet de son grand-père Roch Pidjot. Dès 1979, Roch Wamytan adhère à l’Union calédonienne.
C’est après les Evénements et la signature des accords de Matignon qu’il arrive sur le devant de la scène politique. Président du FLNKS, il mène les discussions avec le loyaliste Jacques Lafleur et l’Etat en vue d’une sortie négociée de la période référendaire. Ce qui en fait l'un des principaux signataires de l'accord de Nouméa en 1998.
Après une traversée du désert, Roch Wamytan se fait l’un des chefs de file de la revendication pour la révision du corps électoral. En 2011, il devient le premier indépendantiste à présider le Congrès. 
Provinciales 2019: fiche candidat de Roch Wamytan
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La campagne sur le terrain

• L'Avenir en confiance a choisi l'Arène du Sud, à Païta, pour son meeting de clôture qui a eu lieu mercredi soir. Succès populaire assuré, dans le fief d'Harold Martin. La coalition menée par Sonia Backès y a joué, sans fausse note, une partition très pro-française et une critique non dissimulée de l'adversaire Calédonie ensemble.
Le reportage de Bernard Lassauce et Claude Lindor. 

• Calédonie ensemble a retrouvé mercredi soir le Kuendu Beach pour son meeting de clôture nouméen. Devant la foule, les maîtres-mots de la soirée ont été les valeurs de diversité et de dialogue, ainsi que la perspective d'un avenir dans la France. Avec au passage quelques coups de griffe distribués à l'adversaire L'Avenir en confiance.
Le reportage de Thérèse Waïa et Brigitte Whaap.

• Selon Simon Loueckhote, tête de la liste «Avec nous» aux îles, le bilan de la provincialisation est un échec cuisant. Pour donner de nouvelles perspectives aux Loyauté, il faut restaurer la confiance en l'avenir et impulser un véritable développement, afin de fixer la population. 
On écoute Simon Loueckhote au micro de Philippe Kuntzmann.

• L'Union calédonienne a présenté mercredi soir ses candidats et ses arguments pour reprendre la main à l'assemblée de la province Nord. Ça se passait à Koumac, le village du Grand Nord qui accepte le mieux le métissage de sa population. Malgré une météo mitigée, l'espoir d'une majorité au Congrès est bien réel, selon la liste conduite par Daniel Goa.
Le reportage de Gilbert Assawa et David Sigal.

• La liste Palika îles conduite par Charles Washetine mène une campagne de terrain intensive. Si la sortie de l'accord de Nouméa constitue l'objectif prioritaire, la formation politique entend «dynamiser une économie fragile».
Le reportage à Lifou de Philippe Kuntzmann.

• La liste portée par le FLNKS dans le Sud a refermé sa campagne par un meeting de clôture ce jeudi soir, à Ko We Kara. Plusieurs centaines de personnes se sont déplacées pour assister aux ultimes discours des ténors. Et le thème ne change pas: elle vise l'accession à la pleine souveraineté, avant d'afficher ses ambitions pour la mandature.
Le reportage d'Erik Dufour et Gaël Detcheverry.
 

Face à face: Alain Descombels et Veylma Falaeo

Alain Descombels, tête de la liste «Rassemblement national», débattait ce jeudi matin sur NCla1ère radio avec Veylma Falaeo, deuxième de la liste «L'Eveil océanien». Ils répondaient aux questions de Charlotte Mestre. 
 

L'invité de la radio: Luther Voudjo

Ce face à face a été complété par l'interview de Luther Voudjo, tête de liste «MNIS» dans le Sud, après le journal de midi présenté par Michel Voisin. 
 

Paroles d’électeurs : ce qu’ils attendent des élus

• Jean-Marc Dinh, âgé de cinquante ans, est architecte à Nouméa mais également président d'un comité régional multisports. Il espère une certaine reprise économique dans le secteur du bâtiment. Il attend aussi des élus des changements dans le milieu du sport et de la vie associative.
On l'écoute au micro de Laura Schintu et Patrick Nicar.

Des Loyauté à l'Extrême-Nord, les préoccupations des électeurs concernent le quotidien. Dick, ancien pasteur et habitant de Poum, veut que les futurs élus s'attaquent à des problèmes récurrents comme la pénurie d'eau. Ephraïm est enseignant, il a quelques idées pour de meilleurs résultats scolaires. Quant à Alice de Maré, elle plaide pour la jeunesse de son île.
Des propos recueillis par Jeannette Peteisi.
 

Polémique autour d'une brochure à charge

Ces derniers jours, plusieurs Nouméens ont découvert dans leur boîte aux lettres une brochure sans signature. Son titre: 2014-2019 Le vrai bilan de Calédonie Ensemble - Du partage au naufrage. Le document de 32 pages, édité sur papier glacé, dénonce «l ‘échec de la mandature précédente» dans sa gestion de la province Sud. 
En période de campagne électorale, les critiques sont de bonne guerre. Mais lorsque les attaques sont anonymes, la démocratie en prend un coup, s’est indignée la Ligue des droits de l’homme et du citoyen, jeudi matin. «Quand on s’exprime sur les idées, quand on s’attaque aux adversaires, c’est un dialogue qui se fait», estime son président, Elie Poigoune. «Là, on ne sait pas qui sont les personnes derrière. Si ils font les choses cachés, c’est parce qu’ils disent des choses qui ne sont pas bien pour notre pays. Ce sont des procédés qui ne sont pas dignes d’une démocratie et du vivre ensemble.» 
Finalement, dans un communiqué tombé plus tard dans la journée, L’Avenir en confiance a revendiqué la paternité de la brochure. Au passage, le mouvement «s’étonne de l’offuscation sélective de la LDH». «Nous assumons ce bilan factuel», écrit-il, «qui a été distribué par nos militants avec notre projet et des invitations à des réunions publiques». Et de préciser: «il figure bien entendu dans nos comptes de campagne».
Reste que les documents et les sources employées pour élaborer la brochure ne sont pas légaux. Le directeur de publication du Chien bleu dénonce l'emploi frauduleux d’une caricature. «Quand on utilise un dessin du Chien bleu, on demande la permission. Le dessinateur le donne s’il a envie de le donner, ou le vend car c’est un travail», martèle Etienne Dutailly. «C’est une manière de récupérer le journal, répond-il encore. Bien sûr que c’est dérangeant, bien sûr que ce n’est pas très honnête.»
De son côté, Calédonie ensemble a décidé de porter plainte pour diffamation et va saisir la commission nationale des comptes de campagne. 
Les méthodes virulentes de propagande électorale sont monnaie courante, quoique moins fréquentes dans le Nord et les îles. En 2014, la mandature de Cynthia Ligeard avait été pointée par Calédonie ensemble. Et en 2004, au moment de l’éclatement de la famille non indépendantiste, L’Avenir ensemble avait réalisé un DVD intitulé Ouvrez les yeux, pour dénoncer la politique de Jacques Lafleur.
Un récit de Sylvie Hmeun et Nicolas Fasquel. 
 

Le débat télévisé pour le Sud

Après le Nord, après les îles, troisième et dernier débat télévisé sur NCla1ere, jeudi soir à partir de 20h20. Animé par Angélique Souche, il opposait les têtes de listes en présence dans la province Sud. Onze listes y briguent les suffrages pour les quarante sièges de l’assemblée située à Nouméa, dont 32 mènent également au Congrès. 

Pierre Frogier écrit son soutien

C'est par une lettre aux adhérents du Rassemblement que son ancien président prend position dans la campagne. Dans ce courrier diffusé en ligne, Pierre Frogier évoque un enjeu «décisif» et un «héritage en partage»:
- «préférer le dialogue à la confrontation, le respect de l’autre au repli sur soi»;
- «porter la solution partagée que nous défendons depuis toujours, la seule qui nous permettra de vivre ensemble dans la paix et dans la France après avoir soldé l’accord de Nouméa en organisant au plus tôt, le second référendum.»
Il appelle à voter «Avec nous», «Agissons pour le Nord» et L'Avenir en confiance. Mais n'était pas présent au meeting de clôture de la coalition, hier soir à Païta.
 

L'Union calédonienne aussi

Tout aussi logiquement, le président de l'Union calédonienne, Daniel Goa, appelle «tous les citoyens à voter massivement en faveur des listes»:
- UC-FLNKS conduite par Jacques Lalié aux îles;
- FLNKS menée par Roch Wamytan dans le Sud;
- UC-FLNKS pilotée par lui-même pour le Nord.»Dans la même journée de jeudi, les commissaires généraux du parti, Christian Dahote et Christian Tein ont insisté sur un point sensible de la campagne indépendantiste aux Loyauté: ils tenaient «à rappeler aux électeurs de la province des Îles que la liste menée par Jacques Lalié a reçu la validation officielle du mouvement lors du comité directeur de Houaïlou. En conséquence, toute autre liste qui se réclame de l’UC, n’est pas légitime pour le faire.»
 

L’agenda de campagne du vendredi 10 mai

Parmi les rendez-vous de la campagne demain :
• 9 heures, à Pouébo tribu de Saint-Ferdinand, réunion publique MNIS Nord
• 9 heures, à Maré Tadine, meeting UC-FLNKS îles
• 10 heures, au village de Poindimié, meeting UNI-Nord
• 15 heures, à Kalaa-Gomen tribu de Païta, meeting Parti travailliste Nord
• 16 heures, à Pouembout à la salle polyvalente, meeting de clôture UC-FLNKS Nord
• 16 heures, à Maré tribus de Penelo, Patho et Kurine, meeting UC-FLNKS îles
• 17 heures, à Koumac à la gare routière, meeting de clôture Agissons pour le Nord
• 18 heures, à Nouméa salle Venezia, meeting de clôture Rassemblement national
• 18 heures, à Lifou tribu de Xepenehe, meeting Parti travailliste îles