Le jardin d’Eden épicé de Franck Le-Nôtre

Le champ de poivre de Franck Le-Nôtre
© Lizzie Carboni | Tailleur de pierre, Franck Le-Nôtre s'est lancé dans l'agriculture il y a quatre ans.

« Piper Nigrum »... Non, ce n'est pas un sortilège mais le nom scientifique du poivre noir. A Tomo, Franck Le-Nôtre s’est lancé dans l’aventure de la production de poivre en 2015. Il est le seul producteur de cette épice en Nouvelle-Calédonie.

Lizzie Carboni (C.C.) Publié le , mis à jour le

C’est à l’ombre d’un petit sous-bois de gaïacs que Franck Le-Nôtre a installé un petit Eden botanique. Il y fait pousser près de 500 pieds de poivre vert, qu’il chérit tous les matins.

Pendant près de deux heures, voire plus en été, l’agriculteur s’attèle à une tâche minutieuse : celle de fixer les lianes sur un tuteur, avec du rafia, pour que ces dernières grandissent sereinement. « En cas de coup de vent, ça permet de préserver la plante pour ne pas qu’elle s’envole et ça favorise l’attache des racines crampons, qu’on trouve à chaque nœud », confie le producteur de Tomo, tout en s’appliquant à ce geste minutieux pour ne pas casser des lianes. 
 

De l’or vert

Depuis 2015, année où Franck Le-Nôtre a commencé son activité, il a connu plusieurs essais infructueux avant de trouver le bon fonctionnement de sa production, 100 % naturelle et calédonienne. 
Aujourd’hui, l’agriculteur veille au grain sur sa poivrière et se voit récompenser.
Les pieds ont mis trois ans pour arriver à maturité et vont désormais fleurir pendant au moins huit mois. Chaque pied pourra alors produire pendant une quinzaine d’années. « Les pieds ont besoin de soleil et de beaucoup d’humidité. J’ai installé un système d’irrigation pour pouvoir avoir une humidité constante. » 
 

Maître du goût 

« Une fois arrivés à maturité, les grains verts vont alors rougir et jaunir à la racine, ça voudra dire que la grappe pourra être bonne à récolter. Malheureusement, elles ne se mettent pas toutes en même temps à maturation donc il faut revenir régulièrement pour cueillir les grappes qui sont mûres. »


Avec le « piper nigrum », autrement dit le « poivre vert », on peut obtenir du poivre de plusieurs sortes, vert, rouge, blanc et noir. Et quoi de mieux que d’apprécier ces produits en les goûtant ? Après avoir croquer dans une baie, c’est « le feu », comme le dit l’agriculteur avant de sentir tous les arômes épicées et parfois même, fleuries. Selon lui, plus il est rouge, meilleur est le grain.
Si la magie de la nature opère comme prévue, Franck Le-Nôtre pourra réaliser sa première récolte commerciale en 2020, l’équivalent de plusieurs centaines de kilos de poivre. 
 

De la pierre à la plante

C’est en voulant préparer sa retraite que Franck Le-Nôtre, 55 ans, s’est lancé dans l’aventure. En 2015, il achète un terrain de plus de 3 hectares à Tomo. Réalisé sur de bons conseils, son achat peut rapidement devenir rentable s’il y installe une exploitation agricole. 

« On a acheté avec ma femme nos premiers 150 pieds de poivre sans savoir ni quoi ni comment faire. On a regardé comment ça poussait, on a fait des expériences, on a commencé à faire nos propres boutures et petit à petit, à la suite d’erreurs et d’échecs, on a trouvé notre manière de cultiver. »

A l’origine, Franck Le-Nôtre est maître d’œuvre-tailleur de pierres. Toujours actif dans son domaine, il souhaitait également un retour aux sources, se rapprocher de la nature. Une manière de rendre hommage à ses parents, autrefois agriculteurs. 

Le reportage de Lizzie Carboni et José Solia


 

Votre avis nous intéresse !

Nous aimerions savoir ce que vous pensez de notre site.

Je participe à l'enquête

Votre avis nous intéresse !

Nous aimerions savoir ce que vous pensez de notre site.

Je participe à l'enquête