Inculpé pour avoir conduit des migrants en Australie

Bateau de migrants se dirigeant vers l'Australie  intercepté à Christmas island en 2016
© Australian Broadcasting Corporation | Interception d'un navire de migrants à Christmas island

Il est accusé d'avoir mené en Australie plus de 260 migrants, en 2009 et 2010, contre une somme allant de 4000 à 10 000 dollars US par tête. Un Afghan extradé par l'Indonésie vient d'être inculpé à Perth. 

AFP avec F.T. Publié le , mis à jour le

Un Afghan soupçonné d'avoir gagné des millions de dollars en acheminant par bateau des clandestins en Australie a été extradé par l'Indonésie, puis inculpé à Perth. Cet homme âgé de 35 ans est arrivé jeudi de Jakarta. Il est accusé d'avoir fait payer à 263 migrants entre 4 000 et 10 000 dollars américains chacun pour entreprendre le périlleux voyage vers l'Australie, rapporte le journal The Australian - entre 418 000 et plus d'un million de francs CFP. Les faits présumés remontent à la période 2009-2010.
 

Politique très dure

«Le trafic de migrants est un crime aux dimensions mondiales qui ne peut être éradiqué que par un travail acharné et une coopération avec nos partenaires étrangers», a déclaré dans un communiqué le gouvernement de l’Australie. Un pays qui essuie les foudres d'organisations de défense des droits de l'homme, de même que de l'ONU, pour sa politique extrêmement dure vis-à-vis des demandeurs d'asile. Sa marine repousse systématiquement les bateaux de clandestins. 
 

Camps à Manus ou Nauru

Ceux qui parviennent à gagner ses côtes malgré tout sont placés dans des camps de rétention hors de l'Australie, comme à Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, ou sur Nauru, la petite île du Pacifique, le temps que leur demande d'asile soit examinée. L'existence même de ces camps suscite depuis des années la colère des ONG qui dénoncent aussi les conditions de vie dans ces installations, l'absence totale de perspectives pour les détenus, les violations des droits de l'homme, les tentatives d'automutilation et de suicides. Le camp de Manus doit fermer en octobre en application d'une décision de la Cour suprême de Papouasie-Nouvelle-Guinée.
 

Aucun bateau depuis trois ans ?

L'Australie affirme que cette politique est indispensable pour éviter les naufrages dramatiques de bateaux de migrants. Entre 2008 et 2013, au moins 1 200 personnes ont péri en tentant d'atteindre clandestinement les côtes australiennes. A en croire des informations du Parlement, 850 embarcations avaient atteint l’île-continent dans cet intervalle, avec 51 798 demandeurs d'asile. Le gouvernement australien affirme que, grâce à sa politique, aucun bateau de migrants n'a atteint ses côtes depuis près de trois ans.

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