Huit mois avec sursis pour avoir violemment corrigé son garçon

Tribunal. Palais de justice.
© Martine Nollet

Un père a été condamné à huit mois de prison avec sursis pour avoir frappé son fils de huit ans. Il lui reprochait son comportement à l’école.

Coralie Cochin (F.T.) Publié le , mis à jour le

C’est un dossier tristement ordinaire qu’examinait ce mardi le tribunal de première instance de Nouméa. Un garçon de huit ans, roué de coups de ceinture par un père violent parce qu’il était turbulent à l’école. Selon les voisins, le papa aurait également suspendu son fils dans le vide depuis un balcon. 
 

«Je ne voulais pas qu’il devienne un délinquant»

 

Changé six fois d'école

Jugé en très grande souffrance, l'enfant a déjà changé six fois d’établissement en deux ans, pour mauvais comportement. «Je ne voulais pas qu’il devienne un délinquant», s’est défendu le prévenu à la barre. Un père intransigeant alors que son propre casier judiciaire porte une douzaine de condamnations, notamment pour vols aggravés et défaut de permis de conduire. 
 

«En Calédonie, on a une violence à l’égard des enfants incroyable. Or, c’est bien cette violence qui rend les enfants violents à leur tour»

 

Le prévenu préférait la prison

«En Calédonie, on a une violence à l’égard des enfants incroyable, a déclaré l’avocate de la partie civile, maître Laure Chatain. Or, c’est bien cette violence qui rend les enfants violents à leur tour.» Le procureur a requis dix huit mois d’emprisonnement avec obligation de soins. Le père a été condamné à huit mois avec sursis et obligation de soins. Sans domicile fixe, il a dit préférer l’incarcération à la liberté.
 

«La prison, ce n’est pas la solution»

 

Les limites de la loi

«La prison, ce n’est pas la solution», lui a répondu le président du tribunal, Eric Mangin, estimant que cette peine allégée lui offrait enfin l’occasion de réparer ses erreurs. Le ministère public, Richard Dutot, a rappelé au passage les limites de la loi en termes de punition.
 

Projet d'interdire tout châtiment corporel

La gifle et la fessée restent ainsi tolérés. L’interdiction des violences corporelles par les parents envers les enfants a été retoquée en janvier 2017 par le Conseil constitutionnel. Mais de souligner que la ministre de la Santé n’a pas dit son dernier mot. Agnès Buzin compte remonter au créneau en soutenant le projet de loi d’une vingtaine de députés pour interdire les châtiments corporels. Et permettre d’inscrire dans le Code civil le droit des enfants à avoir une éducation sans violence. En Europe, plusieurs pays ont déjà adopté des lois dans ce sens.