Le Grenelle contre les violences conjugales se décline jusqu'à Nouméa

Grenelle des violences conjugales, septembre 2019
© NC la 1ere

Lancement, en Nouvelle-Calédonie, du Grenelle contre les violences conjugales. Pour faire reculer ce fléau, une cellule dédiée à la prise en charge opérationnelle des victimes a été constituée. Trois groupes de travail doivent présenter leurs conclusions d'ici deux mois.

Sheïma Riahi et José Solia, avec Françoise Tromeur Publié le , mis à jour le

Depuis le début de l'année, deux femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint en Nouvelle-Calédonie, à Houaïlou et au Mont-Dore. Les forces de l’ordre constatent par ailleurs une hausse régulière des violences intrafamiliales et conjugales. Au premier semestre 2019, les violences conjugales constatées ont augmenté de +15,7% (contre +2,9% à l'échelle de toute la France).
 

Evenement national, déclinaisons locales

C'est dans ce contexte que le Grenelle des violences conjugales a commencé à être relayé sur le Caillou. Un événement national, lancé par le Premier ministre Edouard Philippe le 3 septembre à Paris, mais fait pour être décliné localement.  
 

Autour de la table

Cette première réunion calédonienne s'est tenue lundi après-midi à Nouméa, à la résidence du nouveau haussaire Laurent Prévost. Autour de la table, le représentant de l'Etat, les associations dédiées à ce sujet primordial, le Parquet, la gendarmerie, la police ainsi que les présidents du Congrès, du Sénat coutumier et des trois provinces. Des groupes de travail ont été établis pour améliorer la prise en charge des femmes victimes de violences conjugales. 
 

Il existe un réseau associatif, il existe un réseau institutionnel. Il faut le mettre un peu plus en œuvre, il faut le mutualiser, qu'on se coordonne entre nous et, de ce qui est ressorti du haut-commissaire, qu'on axe un peu plus sur la prévention.
Justine Molinier, directrice de l'Adavi

 

Mettre en commun

L’occasion, pour le gouvernement, de réaffirmer l’importance d’une mobilisation collective de façon à faire reculer ces violences.

Je crois qu'aujourd'hui, on a besoin d'une mise en cohérence et de mutualisation de nos moyens. Et de s'attacher à un meilleur maillage géographique puisqu'on voit que les situations d'accueil et de prise en charge ne sont pas les mêmes en province Sud, en province Nord et en province des îles. 
- Isabelle Champmoreau, membre du gouvernement en charge de la lutte contre les violences intrafamiliales

 

Urgence

En ce sens, trois groupes de travail ont été constitués. Le haut-commissaire insiste : il y a urgence à agir . 
 

Un premier groupe de travail va s'intéresser aux politiques de prévention, il y a des messages à passer.
Un deuxième groupe de travail va s'intéresser, quand une femme est victime de violences, aux conditions d'écoute, aux conditions éventuellement de mise à l'abri.
Et puis un troisième groupe de travail va être animé par le Parquet : quand une plainte est déposée, comment est-elle déposée, quelle suite lui est données, quelles sanctions peuvent être apportées ? 
- Laurent Prévost, haut-commissaire

 

Objectif : le 23 novembre

Ces groupes de travail doivent rendre leurs conclusions dans deux mois. Avant qu'elles soient présentées le 23 novembre, à l’occasion de la Journée pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. 

Le compte-rendu de Sheïma Riahi et José Solia :