Frank Bainimarama remporte de peu les législatives à Fidji

Frank Bainimarama, au Parlement fidjien, 2017
© Parlement de Fidji | Durant une session parlementaire de Fidji, en 2017.

Le Premier ministre sortant de Fidji a gagné de justesse les élections législatives, selon les résultats définitifs publiés ce dimanche. La formation de l’ancien putschiste devenu un militant de l’environnement reconnu a recueilli 50% des voix.

AFP, avec F.T. Publié le , mis à jour le

Avec sa formation FijiFirst, le Premier ministre sortant, 64 ans, a obtenu une courte majorité de trois sièges au Parlement: 27 sur 51. Soit 50,02% des voix qui se sont exprimées mercredi. Depuis la Nouvelle-Zélande, où il assistait aux funérailles de son frère, le vainqueur a déclaré à la Fiji broadcasting corporation être «fier de devenir une fois encore votre Premier ministre».

Du putsch à la démocratie

Frank Bainimarama avait été qualifié de dictateur après avoir pris le pouvoir le 5 décembre 2006, dans un coup d'État sans effusion de sang qui valut des sanctions à Fidji ainsi qu’une suspension à la fois du Commonwealth et du Forum des Îles du Pacifique. Depuis, l’ancien amiral a promis la stabilité et la fin de la «culture du coup d'État», dans cet archipel de 920 000 habitants où quatre gouvernements ont été renversés entre 1987 et 2006. 
 

Président de la Cop23

En 2014, Frank Bainimarama a rétabli la démocratie, même si de nombreuses ONG s'interrogent sur la nature réelle de cette démocratie fidjienne. Mais il ne fait aucun doute que son image a changé du tout au tout en quelques années. Aujourd’hui il se montre à la pointe de la lutte pour le climat, en tant que président de la COP23. Ses partisans le créditent aussi de la croissance soutenue dont a bénéficié ce pays tributaire du tourisme. En se tournant vers la Chine, il l’a par ailleurs rendu moins dépendant de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande.
 

Premier rival

Le premier rival de FijiFirst est dirigé par un autre ancien putchiste. Sitiveni Rabuka a mené deux coups d'Etat militaires en 1987, avant de devenir Premier ministre suite à une élection démocratique. Son parti Sodelpa a réuni à ces législatives 39,85% des voix. Le Parti de la fédération nationale en a obtenues 7,38%. Les deux formations d'opposition occupent ainsi 24 des 51 sièges.
 

FijiFirst en net recul

Ces élections marquent donc un net recul pour FijiFirst, qui avait convaincu en 2014 près de 60% des votants. Alors que Sitiveni Rabuka voit sa formation en bien meilleure posture qu'il y a quatre ans - elle n'avait fait que 21% des voix. Dans un rapport préliminaire, un groupe d'observateurs internationaux s'est dit «certain que les électeurs fidjiens ont pu exercer librement leur droit de vote».