Les Fidji expulsent une résidente d'origine canadienne

drapeau fidji
L'actuel drapeau fidjien

Karen Seaton est membre de l'association fidjienne des propriétaires terriens - Fiji Landowners Association. Depuis deux ans, elle est partie en croisade contre l'amendement à la loi sur la vente des terrains. Les autorités ont fini par l'expulser.

Caroline Lafargue ABC Radio Australie / publié par Yvan Avril Publié le , mis à jour le

 Karen Seaton, interrogée sur ABC depuis Los Angeles: « Quand ils sont entrés dans ma chambre, ils m'ont interdit d'appeler l'ambassadeur canadien, ils m'ont tordu le bras pour me faire lâcher mon téléphone portable quand j'essayais d'appeler l'ambassadeur, et ils m'ont rendu mon téléphone seulement quand ils m'ont mise dans l'avion pour m'expulser. »
 
Karen Seaton vit aux Fidji depuis 6 ans. Comme elle, des milliers de propriétaires terriens étrangers sont visés par l'amendement de décembre 2014, qui est rétrospectif. La loi interdit désormais la vente de terrains urbains aux étrangers. Donc les expatriés qui possèdent déjà un bout de terre n'ont pas le droit de la revendre à un étranger. Il doivent la vendre à un Fidjien, à un prix nécessairement plus bas.
 
Autre disposition de la nouvelle loi : les étrangers qui possèdent un terrain vide doivent impérativement  construire une maison, avant la fin décembre 2016, sans quoi ils paieront une amende de 10 pourcent de la valeur du terrain, tous les 6 mois. Les autorités fidjiennes imposent aussi aux propriétaires étrangers d'investir un minimum de 150 000 dollars australiens dans la construction.
 
Karen Seaton se bat depuis deux ans pour faire annuler cette loi. Elle a déjà eu des problèmes avec la police fidjienne car elle aurait pris à partie un fonctionnaire fidjien sur ce sujet- elle aurait été arrêtée et mise en garde à vue. Et la semaine dernière, elle a fait le déplacement depuis Koro, l'île où elle vit, jusqu'à Suva, pour faire un plaidoyer contre la nouvelle loi devant une commission parlementaire. Mais elle a été reconduite à la porte par deux policiers peu après avoir commencé à parler. Karen Seaton:
 
« Le plus important, c'était que ce pays respecte la propriété privée, parce que nous ne pouvons pas vivre dans un état de peur permanent. Il y a 2 ans, ma voisine était terrifiée car elle craignait de perdre sa propriété, et là j'ai décidé de m'engager.
 
Pour l'instant, le gouvernement ignore les plaintes des propriétaires étrangers. Alors un autre membre de l'association des propriétaires terriens, Dave Rand, appelle au boycott des Fidji.
 
« Une agression comme celle-ci, perpétrée sous les ordres de l'état fidjien, cela crée un précédent et désormais aucun étranger n'est plus vraiment à l'abri. Donc j'appelle au boycott des Fidji par tous les étrangers, jusqu'à ce que le gouvernement supprime son amendement à la loi sur la vente des terrains, et rembourse les étrangers qui ont été forces de vendre leur propriété à des locaux à 10% (ou moins) seulement du prix qu'ils ont payé à l'achat, il y a 10 ans. Tout le monde vend en catastrophe en ce moment, et je pense que c'est exactement l'intention des autorités: faire s'effondrer le marché de l'immobilier et du foncier pour permettre à d'autres acteurs d'en prendre le contrôle. »
 
Pour l'instant, les medias et le gouvernement fidjiens gardent un silence total sur l'expulsion de la propriétaire canadienne.
 



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