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Vanuatu, le symbole de l’urgence climatique (28 juillet 2015)

Vanuatu, le symbole de l'urgence climatique

13 mars 2015.
Le cyclone Pam d’une puissance extrême dévaste le Vanuatu avec des vents à plus de 300kms/heure. Quatre mois après, retour sur les conditions

NC1ere
Publié le , mis à jour le

Cet archipel isolé du Pacifique Sud se rappelle au Monde entier. Mais pour la science, le pays est au cœur des inquiétudes.
Séismes, éruptions volcaniques, érosion côtière, réchauffement climatique, cet éden de corail et de Cendres est un véritable laboratoire des bouleversements environnementaux et des catastrophes naturelles.
Après la tempête, le film explore ces bouleversements dans le sillage de quatre hommes qui connaissent bien le pays. Un journaliste vanuatais, un vulcanologue, un explorateur et un humanitaire tentent de comprendre, sensibiliser et reconstruire ce paradis victime, plus que partout ailleurs, des forces de la nature.

Entretien avec Catherine Marconnet, la productrice


Dans quelles conditions le film a-t-il été tourné ?
Catherine Marconnet : A peine quelques semaines après le passage de PAM, nous avons décidé avec Nouvelle-Calédonie 1ère de voir ce qui se passait sur place. D’aller un peu plus loin que les images des news, essayer de cerner l’ampleur des dégâts, rencontrer des personnalités
vivant au Vanuatu, nous racontant leur histoire et comment ils voyaient l’avenir. Le réalisateur Pierre Belet était en tournage de fin avril à début mai, entre temps nous avons également envoyé un caméraman pour rapporter des images peu après le passage de PAM.

En combien de temps l’avez-vous réalisé ?
C. M. : Le réalisateur est resté 10 jours sur place mais nous avons cherché des films amateurs tournés au coeur du cyclone, des archives. Tout est allé assez vite, le départ après Pam, le tournage, le montage... Finalement le film est diffusé quatre mois après le passage du cyclone.

Quels étaient vos moyens ?
C. M. : Nous avons entièrement tourné en HD et avons réalisé des images aériennes en 4K assez exceptionnelles avant le passage de PAM. Cela nous permet, vue du ciel, de bien voir l’incroyable violence des faits. L’avant-après est saisissant même si la végétation repousse vite au
Vanuatu...

Qu’avez-vous découvert sur place ?
C. M. : C’est assez contrasté mais le film raconte bien cela... Du fait de sa position géographique sur l’arc de feu, avec 9 volcans actifs, une quinzaine de volcans dormants, des risques sismiques majeurs, des tsunamis tous les 10 ans et des cyclones destructeurs réguliers, le Vanuatu est le territoire le plus exposé aux aléas naturels de la planète selon le « World Risk Report 2014 » élaboré par l’ONU. A quelques mois de la conférence Paris Climat qui se tiendra en Novembre 2015, le Vanuatu, sans le vouloir est un peu devenu le symbole de l’urgence climatique. Grâce notamment à un journaliste vanuatais et un vulcanologue, nous découvrons bien les enjeux et les risques de cette position du pays. Mais nous découvrons aussi la nécessité absolue de continuer d’avancer pour les Vanuatais. Ils sont souriants, optimistes, enthousiastes malgré tout. Les dons et les aides doivent perdurer, les touristes doivent continuer de s’y rendre.

Comment se reconstruisent les Vanuatais ?
C. M. : Beaucoup d’aide, beaucoup de sourires et d’énergie. La vie continue aussi. Oui, Pam a été très violent et a fait de gros dégâts mais je pense qu’ils ont aussi envie de passer à autre chose, de continuer leur développement.

Les dons internationaux continuent-ils d’affluer ?
C. M. : Il y a eu beaucoup d’aides et notamment de la Nouvelle-Calédonie au lendemain de PAM et dans les mois qui ont suivi. Aujourd’hui, c’est sans doute moins évident, hors c’est cette période qui est sans doute la plus complexe. Les maisons se sont vite reconstruites finalement, mais les champs ont été dévastés... L’abondance de fruits et légumes que l’on connaît souvent au marché de Port-Vila est loin d’être gagnée.
Des associations assez peu connues mais qui agissent au quotidien sur place et sur des actions très ciblées sont très dynamiques. Il reste encore à faire, c’est sûr.
 
Quelles sont les préconisations à retenir si un phénomène de la même ampleur devait arriver en Nouvelle-Calédonie ?
C. M. : Heureusement toute la population a été prévenue à temps et a respecté les consignes. Donc d’abord suivre les indications de sécurité, cela semble primordial quand on encaisse des vents à 300 km/heure. Ensuite, optimisme et solidarité. Ce sont de grandes leçons transmises par les Vanuatais au lendemain de PAM.


La bande-annonce
Itinéraires du 28 juillet 2015