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Néo-calédonienne qui es-tu ? 10 mars 2015 [vidéo]

Quatre femmes

L’histoire de la Nouvelle-Calédonie a souvent ignoré l’importance du rôle joué par les femmes. C’est à travers le passé familial, le parcours et l’engagement de quatre d’entre-elles que le film a choisi de retracer l’histoire de cette terre.

Karine Boppdupont
Publié le , mis à jour le

Longtemps écrite au masculin, l’histoire de la Nouvelle-Calédonie a souvent ignoré l’importance du rôle joué par les femmes dans le devenir des sociétés. A l’heure où l’archipel s’apprête à tourner une page de son histoire, c’est à travers le passé familial, le parcours et l’engagement de quatre d’entre-elles que le film «Néo-Calédonienne qui es-tu ? » a choisi de retracer l’histoire de cette terre.
Pour la première fois, la ministre Déwé Gorodey , la député-maire Sonia Lagarde, la journaliste Nathalie Daly et la présidente de la Zone Côtière Ouest Mylène Aïfa ont accepté de se livrer à la confidence. Elles nous racontent comment s’est construite cette société multiculturelle française, en route vers une possible indépendance.

Néo-calédonienne qui es-tu ? (diaporama)


Interview de la réalisatrice

Comment vous est venu l’idée de ce film ?
J’ai atterri à Nouméa pour la première fois le 24 mars 2006 et j’ai depuis effectué plusieurs séjours sur le Caillou (7 mois au total). J’ai été fascinée par ses paysages, ses grands espaces, le mélange entre forêt et lagon, j’ai adoré pénétrer sa nature sauvage. Je suis tombée amoureuse de tous ses paysages.
Pourtant, sur cette terre de magie, de rites et de rencontres, je crois que ce qui m’a le plus interpellée, c’est le nombre important
d’ethnies, leurs différences culturelles et surtout, leur histoire tumultueuse. Au «pays du non-dit» il plane en effet un sentiment de mystère sur les familles néo-calédoniennes, comme si chacune d’elles détenait sa part d’histoire, Au départ, je voulais donc faire
un film qui raconte la Nouvelle-Calédonie aux étrangers et surtout aux métropolitains.
Parce qu’au-delà des paysages de cartes postales que nous voyons très souvent dans les documentaires, je me suis rendue compte que très peu de personnes connaissaient l’archipel, ses ethnies, son histoire, son fonctionnement…
Mais je ne suis qu’une «zoreille» parmi d’autres et je ne me sentais aucune légitimité pour raconter l’histoire d’un territoire qui n’était pas le mien.
J’avais eu la chance de rencontrer Déwé Gorodey, Sonia Lagarde, Nathalie Daly et Mylène Aïfa. J’ai tout de suite aimé cet amour profond qu’elles ont de leur île, leur l’humilité, leur simplicité et surtout ce respect qu’elles ont les unes vis à- vis des autres, malgré leurs différences. Et ça c’est rare !
Surtout dans les milieux politiques masculins. Les hommes ont d’autres qualités mais rarement ce respect là, notamment en période d’élection et de changement comme c’est le cas actuellement en Nouvelle-Calédonie !
Bref, j’ai adoré tourner ce film avec ces quatre femmes parce que ce sont de belles personnes, qui je le savais, parleraient de leur île avec « leurs tripes ».
 
Quelques anecdotes ?
J’en ai quelques unes mais qui ne sont pas vraiment racontables ici, on a rit assez souvent sur le tournage ! Je vais donc vous raconter celle qui m’a le plus touchée. Il a fallu que j’insiste beaucoup avant que Nathalie Daly accepte d’être dans ce film. Je voulais parler des grandes familles de Nouvelle-Calédonie qui ont une place importante dans la construction de ce pays. Mais vis-à-vis de Déwé, Sonia et Mylène, Nathalie s’excusait presque d’avoir eu cette vie-là.
Elle a finalement accepté. Et lorsque je lui ai rapporté qu’au cours du tournage, dans la communauté arabe et en tribu kanak, j’avais entendu beaucoup de bien sur elle, «que c’était quelqu’un de vrai, que malgré ses origines bourgeoises elle était capable de défendre les plus démunis, que c’était quelqu’un de bien…», sa carapace est tombée, et elle a eu les larmes aux yeux… nous aussi d’ailleurs, c’était très émouvant !

Bande-annonce