L'association Mémoire de Jacques Lafleur

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Membre fondateur et président de l'association mémoire de Jacques Lafleur, Gérard Salaün rappelle les actions de cet homme politique calédonien.

Karine Boppdupont
Publié le

Gérard Salaün revient avec Anne-Claire Lévêque sur ce qu'il a retenu de l'homme qu'était Jacques Lafleur dont il a été un proche.

"Pour respecter sa parole à Jean-Marie Tjibaou il a cédé sa mine de Ouaco (qui lui venait de son père). Pour que les indépendantistes puissent rentrer dans le monde économique. C'est à souligner."

Il rajoute

c'était un visionnaire, très stratège qui allait très vite dans ses idées et ses décisions, je me rappelle que les politiques avaient des difficultés à le suivre. C'était un grand homme avec ses dérives aussi... Mais quel homme politique ne fait pas d'erreur ?


L'ancien chauffeur et chef de sécurité revient à ce qui l'a amené à créer cette association.

La mémoire de Jean-Marie Tjibaou est souvent rappelée souvent pas celle de Jacques Lafleur, je pensais que les politiques qui avaient travaillé avec lui, allait le faire, puisque ça n'a pas été fait j'ai décidé de le faire.

Gérard Salaün souligne que l'association est apolitique car il question de se souvenir l'homme dans sn ensemble. La première intervention est de demander que son nom soit donné à l'aéroport de Tontouta. 

Il y a un Centre Culturel Jean-Marie Tjiabou mais il y a eu un deuxième homme dans cette poignée de main.

Parmi les actions futures, il est envisagé de réviser les manuels scolaire où il n'est pas mention des actions de Jacque Lafleur. Pour que les jeunes calédoniens comprennent ce qui s'est passé durant les événements et où cela a abouti. 

Qui se souvient que Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou ont reçu la colombe de la paix.


"Autoritaire même avec son entourage", raconte Gérard Salaün qui se rappelle avec émotion de cette époque.
 

Historique


Jacques Lafleur (né le 20 novembre 1932 à Nouméa, Nouvelle-Calédonie - mort le 4 décembre 2010 sur la Gold Coast, Australie) est un homme politique français.
Député entre 1978 et 2007, président de la Province Sud de 1989 à 2004 et chef du camp anti-indépendantiste de 1977 à 2004, il a dominé la vie politique néo-calédonienne pendant plus de 25 ans.
Il est l'un des principaux négociateurs et signataires des accords de Matignon (avec Jean-Marie Tjibaou et Michel Rocard) en 1988 et de Nouméa (avec Rock Wamytan et Paul Néaoutyine) en 1998.
Issu d'une grande famille néo-calédonienne, il est le deuxième fils de l'industriel et propriétaire de mine Henri Lafleur, qui fut le premier sénateur de l'archipel de 1947 à 1955 et de 1959 à 1974 sous les couleurs des Républicains indépendants ainsi que l'une des figures locales de l'opposition à la domination de l'Union calédonienne (UC) de Maurice Lenormand, et de Claudine Spahr.

Il entre en politique le 10 septembre 1972 en étant élu à l'Assemblée territoriale. À l'époque, la vie politique calédonienne est dominée par un parti, l'Union calédonienne de l'ancien député Maurice Lenormand. 
Dans le même temps, l'indépendantisme trouve de plus en plus d'écoute. Aux municipales de mars 1977, des indépendantistes font une percée spectaculaire tandis que lors de son congrès de la même année à Bourail, l'Union calédonienne prend officiellement position pour l'indépendance. Face à cela, Jacques Lafleur décide de fédérer tous les partisans du maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France en vue des élections territoriales du 11 septembre 1977. Ainsi, le 17 avril 1977, lors d'un grand congrès à Nouméa dans une ambiance de kermesse « à l'américaine », est créé le Rassemblement pour la Calédonie (RPC) unissant les grandes tendances loyalistes et autonomistes non-indépendantistes et des représentants des grands partis de droite de métropole : des chiraquiens (Dick Ukeiwé, Jacques Lafleur) et des giscardiens (le maire de Nouméa Roger Laroque, le sénateur Lionel Cherrier).

...Mais bientôt, tout s'accélère pour mener aux « Événements » : en juillet 1983, à Nainville-les-Roches, le nouveau ministre de l'Outre-Mer, Georges Lemoine, réunit les chefs des deux camps pour négocier un nouveau statut. Les indépendantistes croient alors obtenir que seuls les Kanak, soit environ 60 000 habitants sur les 127 000 que comptait alors la Nouvelle-Calédonie, voteraient lors du référendum d'autodétermination prévu pour 1989. Jacques Lafleur s'insurge contre cette promesse, refuse de signer la déclaration finale de la rencontre par laquelle « nous (les Calédoniens d'origine européenne) serions "acceptés" nous, Calédoniens, parce que victimes de l'histoire » et s'en prend au « statut évolutif et de transition » proposé par le gouvernement Mauroy en exprimant à la tribune de l'Assemblée nationale ses craintes que ce régime cache une indépendance déguisée : « Transition, peut-être, vers un nouveau système électoral baptisé démocratique, où la minorité devient majorité par un savant découpage géographique et la manipulation politique »...
Le 26 juin 1988, les accords de Matignon sont signés par Michel Rocard, Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou. La poignée de main entre les deux chefs des camps antagonistes devient alors le symbole de la paix retrouvée. 
Source Wikipédia