Décès en Suisse du centenaire à qui l'Australie refusait un suicide assisté

David Goodall, 4 avril 2018
© Australian broadcasting corporation / Marcus Alborn | David Goodall, biologiste, et défenseur du droit à l'euthanasie en Australie.

David Goodall s'est éteint hier, à Bâle, après une injection de barbiturique. Ce scientifique australien âgé de 104 ans était venu jusqu'en Suisse pour bénéficier d'un suicide assisté que son pays lui refusait.

AFP (F.T.) Publié le , mis à jour le

«A 12h30 aujourd'hui, le professeur David Goodall, 104 ans, s'est éteint paisiblement à Bâle, en Suisse, d'une injection de Nembutal.» Voilà ce qu'a tweeté hier, jeudi 10 mai, le Dr Philip Nitschke fondateur d'Exit international. Organisme qui a aidé ce scientifique australien à organiser son dernier voyage.

«Temps de partir​»

David Goodall ne souffrait d'aucune maladie en phase terminale. Mais le centenaire jugeait que sa qualité de vie s'était détériorée et qu'il était temps de partir. Après une tentative de suicide ratée en début d'année, il avait demandé aux autorités australiennes de bénéficier d'un suicide assisté. Devant leur refus, il avait été contraint de voyager jusqu'en Suisse, où plusieurs fondations offrent ce service.


Amertume

Un exil que le professeur Goodall ressentait avec amertume. «J'aurais préféré terminer en Australie et je regrette vraiment que l'Australie soit en retard sur la Suisse» en matière de droit à mourir, a-t-il expliqué devant les journalistes mercredi, dans un hôtel de Bâle. C'est la fondation suisse Eternal Spirit qui a accepté de l'aider à se donner la mort. Elle a mis à sa disposition un appartement où le centenaire a pu être entouré de ses petits-enfants et d'un ami jusqu'à ses derniers instants.

Université de Perth

Ce chercheur associé honoraire à l'Université Edith-Cowan de Perth a souhaité que son corps soit donné à la médecine, ou bien, en cas de refus, que ses cendres soient dispersées localement. Il a demandé qu'il n'y ait aucune cérémonie après son décès, a précisé le Dr Nitschke.