[MISE A JOUR DE JEUDI]

A chaque fois que leurs enfants déjeunent à la cantine, ils ont le sentiment qu'une épée de Damoclès plane au-dessus de leur tête. Après la troisième vague de supposée intoxication alimentaire survenue dans une cantine de Nouméa la semaine dernière, des parents d'élèves de Dumbéa manifestent devant la caisse des écoles ce mardi, s'inquiétant que leurs bambins, scolarisés à Dorbritz, ne deviennent les prochaines victimes. 
 

Une confiance rompue 

Par souci de précaution, ils se tournent vers la mairie de leur commune en exigeant un changement radical de fournisseur de repas. Car même si Newrest n'est pas officiellement mis en cause dans le dernier incident en date, à l'école Arsapin de Rivière-Salée, la confiance est définitivement rompue, explique Cynthia Naran: «Sur le dernier cas d'intoxication à Rivière-Salée, nous attendons les preuves de la culpabilité de Newrest, dit la présidente de l'APE de l'école Dorbritz située pointe à la Dorade. Mais dans tous les cas, depuis le début de l'année, deux intoxications confirmées et une troisième en passe de l'être… pour moi, c'est énorme.»
 

Newrest conteste

L'entreprise de restauration collective conteste ces propos. «Je peux affirmer sans ambiguïté, et au vu des rapports des autorités sanitaires de Nouvelle-Calédonie, que Newrest n’est pas responsable de ces intoxications», tient à répondre sa vice-présidente pour l'Asie-Pacifique, Aurélie Gueguen Rene: «suite à ces soupçons d’intoxication alimentaire, le service d'inspection vétérinaire, alimentaire et phytosanitaire, de la direction des Affaires Vétérinaires, Alimentaires et Rurales a conclu à l’absence de "microorganisme ou substance pathogène reconnu comme tel" pour l’intoxication survenue le 28 juin 2018 à l’école Heinrich Ohlen» de Païta. «S’agissant des intoxications survenues ultérieurement, l’ensemble des suspicions pesant sur le groupe Newrest a été invalidée par les résultats des analyses bactériologiques effectuées par les services sanitaires et vétérinaires.» 
 

Un marché bientôt ouvert à la concurrence 

Reçus à l'hôtel de ville mardi en fin de journée, les parents de Dumbéa livrent en tout cas leurs inquiétudes et présentent une liste de propositions alternatives à Newrest. Un peu plus d'une heure de négociations sera nécessaire pour parvenir à un consensus. Pour Gisèle Napoléon, en charge de la vie scolaire à Dumbéa, cette rencontre aura été bénéfique. Même si une rupture de contrat avec leur fournisseur n'est pas une option envisageable dans l'immédiat, sous peine de devoir céder des millions de francs d'indemnités. «Ils voudraient qu'on arrête avec Newrest mais on ne peut pas casser le contrat qui nous lie jusqu'au 31 décembre. En revanche, à la fin de l'année, le marché sera relancé. On l'a scindé en trois lots pour que d'autres structures, plus petites, puissent y accéder. Mais à l'heure actuelle, aucune structure ne peut assurer l'intégralité des repas journaliers servis dans les cantines de Dumbéa. Donc on attend…»
 

Rassurés et vigilants 

Désormais, les parents de Dumbéa se disent rassurés par la perspective d'une mise en concurrence, garante d'une meilleure qualité de repas pour leurs enfants. Ils assurent néanmoins que la vigilance restera de mise jusqu'à la bonne application de cet engagement oral, censé être appliqué dès janvier 2019.