Calédoniens ailleurs : Thomas Boquet, le Canada, pays de toutes ses réussites

Calédoniens ailleurs : Thomas Boquet, le Canada, pays de toutes ses réussites
© Brice Blanloeil pour Papis.io | Calédoniens ailleurs : Thomas Boquet, le Canada, pays de toutes ses réussites

Nombre de nos compatriotes font le choix de quitter la Nouvelle-Calédonie. Études, recherche d’emploi, envie d’ailleurs, les raisons sont multiples. Mais qui sont ces Calédoniens qui tentent l’aventure ailleurs ? Cette semaine,  Thomas Boquet, chercheur. 
 

Ambre Lefeivre
Publié le , mis à jour le

Développeur par passion, économiste grâce à ses études, chercheur de profession, Thomas multiplie les fonctions et compétences. A 32 ans, le Calédonien a su tirer son épingle du jeu grâce à des rencontres, à son sérieux mais aussi et surtout parce qu’il a choisi d’étudier puis de travailler au Canada.

Au lycée, ce scientifique dans l’âme « n’a aucune idée de ce qu’il veut faire. » Alors qu’il a choisi la branche S en Première, son entourage le convainc de redoubler pour passer en ES. « Je travaillais également dans une pizzeria et mes professeurs m’avaient dit que je ne tiendrais pas le rythme en Terminale. » A la même période, Thomas commence à programmer seul. « C’était par curiosité au départ puis j’y ai pris goût. » Bachelier en 2005, le métis vietnamien débute une licence d’éco-gestion à l’UNC. « J’ai fait ça par défaut. » En deuxième année, un ami lui parle des partenariats étudiants entre la Nouvelle-Calédonie et le Canada. Intéressé par ce programme, désireux de trouver sa voie, le jeune homme s’envole pour Montréal en 2008 pour y terminer une licence d’économie et de maths. 
 

Depuis son arrivée au Canada en 2008, Thomas a su tirer son épingle du jeu 
© DR | Depuis son arrivée au Canada en 2008, Thomas a su tirer son épingle du jeu 

La vie et le système étudiant canadiens sont une révélation pour le Calédonien. « Pour la première fois de ma vie, je prenais plaisir à aller en cours et à apprendre. Et la ville est un super mélange culturel. » Un an et demi après son arrivée, il obtient son bachelor of sciences. Le jeune homme se sent si bien à l’université qu’il continue après sa licence pour faire six mois de recherche sur un projet concernant le choix des ménages canadiens sur les appareils éco- énergétiques. Une expérience édifiante. « Les gens te font confiance très rapidement et tu es – bien – payé. » Décidé à ne pas s’arrêter en si bon chemin, l’étudiant intègre HEC Montréal pour y faire une maîtrise. Si l’économie reste sa matière principale, Thomas s’initie au marketing avant de changer pour découvrir l’intelligence d’affaires. « De la statistique en fait. » Il n’a pas complètement tourné le dos à l’université puisqu’il continue en parallèle d’être assistant de recherche puis teaching assistant. « J’ai participé à l’élaboration d’un manuel d’économétrie (des statistiques ndlr). Je m’occupais des TP en donnant des cours et corrigeant les examens. » Diplômé en 2013 de HEC, le scientifique décide de continuer dans la recherche en s’inscrivant en doctorat dont le domaine est la recherche opérationnelle basée sur des statistiques. Il ambitionne de travailler avec le CHT de Nouméa sur l’amélioration du fonctionnement du groupe hospitalier. Mais son projet tombe à l’eau et après quelques questionnements et une heureuse rencontre, Thomas décide de rejoindre en 2015 une compagnie de jeux vidéos, Gameloft en tant que data scientist (personne dont le travail consiste à traduire des problèmes business en problèmes mathématiques / statistiques ndlr)
 
Le Calédonien a rejoint une start-up spécialisée dans l’intelligence artificelle en 2017 
© DR / source : Element AI | Le Calédonien a rejoint une start-up spécialisée dans l’intelligence artificelle en 2017 

Dix mois plus tard, alors que l’entreprise est rachetée et que le Calédonien souhaite partir, la chance lui sourit à nouveau. « Un ancien collègue m’a proposé de prendre sa place dans une compagnie qui s’occupait de fournir les systèmes anti-accidents utilisés lors de la fabrication du chlore. » Officiant toujours comme data scientist, le jeune homme commence à faire sa place lorsqu’une nouvelle fois, une belle opportunité se présente à lui. « Lors d’une conférence sur l’intelligence artificielle, j’ai rencontré l’un des fondateurs d' Element AI, une start-up spécialisée dans ce domaine. On a discuté, bien accroché et début 2017, je les rejoignais. » Cette fois-ci Thomas est applied research scientist. A la tête d’une petite équipe, il fait de la recherche sur du calcul distribué pour améliorer les algorithmes de leurs produits. Heureux dans son travail, celui qui a toujours aimé faire « pas mal de choses différentes » se laisse guider par ses rencontres et les belles possibilités qu’offrent le Canada, preuves de son exemplaire réussite. 

par ambre@lefeivre.com