Calédoniens ailleurs : Soane "Sony" Fakailokava, la force d’y croire

Calédoniens ailleurs : Soane Fakailokava, la force d’y croire
© Ambre Lefeivre | Calédoniens ailleurs : Soane Fakailokava, la force d’y croire

Nombre de nos compatriotes font le choix de quitter la Nouvelle-Calédonie. Études, recherche d’emploi, envie d’ailleurs, les raisons sont multiples. Mais qui sont ces Calédoniens qui tentent l’aventure ailleurs ? Cette semaine, Soane qui se destine à devenir prêtre.

Ambre Lefeivre
Publié le , mis à jour le

Soane a fait le choix de consacrer sa vie à Dieu. Au delà du cheminement spirituel dans lequel il s’est engagé,  c’est une prise de conscience en sa capacité de réussir qu’a eu le jeune homme. Des squats du Grand Nouméa aux imposantes bâtisses parisiennes des Missions Etrangères de Paris, le Calédonien a su trouver la force de croire en lui et de changer son destin.

D’origine futunienne, Sony, comme tout le monde le surnomme, grandit au squat de Kavatawa vers Auteuil.  Le jeune garçon connaît une adolescence difficile et une scolarité chaotique. Soane s’égare au point de quitter l’école en troisième sans obtenir son brevet. Il reprend un temps ses études au lycée Escoffier avant de délaisser à nouveau les bancs de l’école. Très impliqué dans la Commission Jeunesse du Sacré- Cœur d’Auteuil, Soane préfère le réconfort et la camaraderie offerts par l’Eglise plutôt que par l’école.  

 « A cette époque, l’Eglise avait pris plus de place dans ma vie qu’autre chose. C’est là où je me sentais le plus épanoui ».  Une discussion familiale lui fait prendre conscience qu’il fait peut-être fausse route. Suivant les conseils de son père, il intègre une première pro vente au lycée Saint Pierre Chanel. « J’ai compris que j’avais une seconde chance et que je ne pouvais pas la laisser passer ». En 2011, il sort major de sa promotion et obtient son bac pro avec mention. Après des années d’errance et de questionnements, Soane a soif d’apprendre. Il poursuit ses études avec une mention complémentaire toujours au lycée Saint Pierre Chanel avant d’entrer en 2013 à la CCI pour effectuer un BTS Négociation Relation Client.  Est-ce parce qu’il a su se donner les moyens de réussir que le choix de rentrer dans les ordres s’est imposé peu à peu à lui ? Grâce à l’éducation, des possibilités nouvelles s’ouvraient à lui et parmi elles, celle de suivre ses envies.

D’étudiant en commerce à la prêtrise, il y un pas que Sony a décidé de franchir
© Soane Fakailokava | D’étudiant en commerce à la prêtrise, il y un pas que Sony a décidé de franchir
 A la même époque, l’étudiant est le président de la Commission Jeunesse et « l’appel de Dieu se fait de plus en plus fort » selon ses propres dires. Diplômé en 2014, il s’envole alors pour la métropole. « J’avais besoin de m’éloigner pour réfléchir, c’est un choix lourd de conséquences ». Il s’installe à Toulouse pour obtenir une licence en commerce. Au cours d’un voyage à Valence en Espagne lors du rassemblement de Taizé, l’appel de Dieu s’impose au jeune homme. Sa rencontre avec un prêtre des Missions Etrangères de Paris (MEP) le convainc de s’engager. «  Ce n’est pas un hasard, le hasard de Dieu n’existe pas ».  Après avoir obtenu sa licence, Soane rejoint les MEP à Paris en septembre 2016. Aujourd’hui, il est étudiant à l’Institut Catholique de Paris en première année de philosophie. En foyer vocationnel pour un an, le jeune homme de 24 ans devra en avril choisir entre s’engager avec les MEP pour l’Eglise d’Asie ou retourner en Nouvelle-Calédonie pour s’engager auprès de l’Eglise du Pacifique. En attendant, Soane le sait, il deviendra prêtre un jour « Je suis très fier de mon parcours car en plus d’avoir trouvé l’amour du Christ, je réalise le rêve de mon grand-père qui souhaitait qu’un de ses petits-enfants devienne prêtre ». 

par ambre@lefeivre.info