Calédoniens ailleurs : Sébastien Lepers, le sens des responsabilités

Calédoniens ailleurs : Sébastien Lepers, le sens des responsabilités
© DR | Calédoniens ailleurs : Sébastien Lepers, le sens des responsabilités

Nombre de nos compatriotes font le choix de quitter la Nouvelle-Calédonie. Etudes, recherche d'emploi, envie d'ailleurs, les raisons sont multiples. Mais qui sont ces Calédoniens qui tentent l'aventure ailleurs ? Cette semaine, Sébastien Lepers, conseiller référendaire à la Cour des comptes.

Ambre Lefeivre
Publié le , mis à jour le

Homme de convictions, décidé à servir au mieux l'Etat français ainsi que son Caillou natal, Sébastien a un parcours qui force le respect.  Lui qui estime « être la preuve que l’ascenseur social existe », cherche à rendre la pareille.  Né à Nouméa, élevé à l’Ile des Pins, militaire de carrière, le Calédonien est aujourd’hui conseiller référendaire à la Cour des comptes. Un poste à responsabilités dans une des institutions les plus prestigieuses de la République.

Rien ne prédestinait ce métis indonésien à arriver aux sommets de l’Etat. Il passe une enfance paisible à l’Ile des Pins, ses parents étant les propriétaires du relais Kodjeue. Envoyé à l’internat de Rivière- Salée à 13 ans, il s’envole l’année suivante pour la métropole. Un choc énorme pour le jeune Calédonien. « Je l’ai vécu comme un déchirement surtout la séparation avec ma mère. » Installé à Noisy-le-Grand, Sébastien « se tourne dans les études ». « Je n’avais plus le lagon, je me suis plongé dans les livres, dans la culture sous toutes ses formes. » Le Calédonien passe un bac B avant de continuer à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée pour obtenir une maîtrise en sciences économiques. A l’époque, le jeune homme suit un chemin tout tracé, celui de reprendre les affaires de son père. Son passage sous les drapeaux change la donne.

Enfant, Sébastien a vécu à l'Ile des Pins
© DR | Enfant, Sébastien a vécu à l'Ile des Pins

« L’armée se professionnalisait et on m’a proposé d’y entrer. »  Sébastien accepte, retrouvant ses valeurs dans l’institution. « Ca répondait à beaucoup de choses pour moi. Je me sentais redevable envers la France qui avait naturalisé ma mère en 1974. C’était un juste retour d’ascenseur. »  Pendant 16 ans, le Calédonien va faire une formidable carrière au sein de l’armée de l’air puis au ministère de la Défense. Décidé à « acquérir puis à valoriser ses compétences », Sébastien obtient successivement un DESS des administrations des collectivités territoriales puis un master Police, Sécurité et Droits fondamentaux de la personne. En 2016, celui qui a participé à plusieurs opérations extérieures en Afghanistan, au Tadjikistan ou encore au Liban, décide « d’avoir plus de stabilité » dans sa seconde partie de carrière. Ce papa d’un petit garçon passe le concours de la Cour des comptes. « J’avais un profil qui correspondait et je voulais être encore plus utile à mon pays. »

Le Calédonien est conseiller référendaire à la Cour des comptes depuis mai 2018
© DR | Le Calédonien est conseiller référendaire à la Cour des comptes depuis mai 2018

Dans cette institution, où sont épluchées les dépenses de la République, Sébastien y trouve… son compte. « On est sur un temps plus posé, plus réfléchi. Tant que je sers l’intérêt général, je suis heureux. » Toile de fond de ce parcours brillant : le retour en Nouvelle-Calédonie. Même si le magistrat a « construit sa vie en métropole sans le vouloir », ses différentes formations étaient également dans le but de rentrer au pays. « Tous les jours, je me pose la question. Mon souci est de savoir comment je peux me rendre utile sur le Caillou. » En attendant, le Calédonien de 44 ans savoure son nouveau poste, lui qui vient d’être nommé conseiller référendaire et directeur adjoint de la Direction des relations internationales de la Cour des comptes en ce mois de mai.

par ambre@lefeivre.info 

A six mois du référendum d’autodétermination, découvrez chaque semaine, le regard que porte le « Calédonien ailleurs » de la semaine sur cette échéance.

-  Comment appréhendez vous le référendum ? Etes vous sereins, inquiets ?

Je ne suis pas inquiet du tout. En Nouvelle-Calédonie, il y a 300 000 personnes qui sont intelligentes qui ont appris à vivre ensemble. L’occasion leur est donnée de pouvoir s’exprimer sur le devenir institutionnel de la Calédonie. J’espère de tout cœur que la réponse qui sortira sera comme un signal positif pour une construction collégiale, commune.

-  Reviendriez-vous vivre en Nouvelle-Calédonie quelque soit le résultat du vote ?

Oui, il n’y pas de sujet. Ce qui m’intéresse ce sont les habitants et le Territoire où je suis né.

-  Quelle vie voulez-vous construire là-bas ?

Un vivre ensemble, le respect des uns et des autres. Aucune communauté ne possède la suprématie. Il faut  créer un ensemble harmonieux.

-  Comment la Nouvelle- Calédonie doit se développer ? Dans quels domaines ?

La Nouvelle-Caédonie est une terre d’exception, avec le nickel, le cobalt, le chrome. C’est le plus grand lagon du monde avec un potentiel touristique considérable. Avec sa culture aussi et son brassage multi-ethnique qui est un laboratoire à l’échelle mondiale. Le Territoire a de sérieux atouts dans ses mains, suffisamment de richesses à partager ensemble.