Australie : le Queensland légalise l’avortement

Avortement IVG Queensland Australie
© CC | Slogan pour l'abolition de la loi lors d'un rassemblement à Brisbane en 2009.

Les parlementaires de l'Etat du Queensland ont voté cette semaine la légalisation de l'avortement à l'issue d'une campagne qui a duré un demi-siècle et qui abolit une loi centenaire sur la "moralité".

CM avec AFP Publié le , mis à jour le

Le Parlement de l'Etat le plus conservateur d'Australie a voté mercredi soir par 50 voix contre 41 le texte qui autorise les femmes à avorter jusqu'à 22 semaines de grossesse, et au-delà de ce délai avec l'autorisation d'un médecin.
La loi instaure également un périmètre de 150 mètres autour des cliniques pratiquant l'interruption volontaire de grossesse (IVG), appelé "sécurité d'accès" et où les manifestations de protestation sont interdites. Les médecins refusant de pratiquer l'IVG sont tenus de référer les femmes à un autre praticien.
 

Un long combat

Les défenseurs de l'avortement militent depuis les années 1970 pour abolir une loi de 1899, durant l'ère coloniale britannique, qui pénalisait l'avortement considéré comme "une offense à la moralité".
Les femmes se faisant avorter étaient toutefois rarement poursuivies.
Le gouvernement de l'Etat du Queensland est dirigé par deux femmes, la Première ministre travailliste Annastacia Palaszczuk, et son adjointe Jackie Trad, qui milite depuis longtemps pour la légalisation de l'IVG.
La principale formation de l'opposition conservatrice, le Parti libéral national (PLN), est également dirigée par une femme, Deb Frecklington.
La ligne officielle au PLN reste l'opposition à l'avortement mais Mme Frecklington avait autorisé les parlementaires à voter en leur âme et conscience. 
Avortement IVG Queensland Australie
© CC | Mobilisation pro-avortement à Brisbane en 2009.


Toujours illégal officiellement en Nouvelle-Galles du Sud 

Désormais, la Nouvelle-Galles du Sud (New South Wales), l'Etat le plus peuplé d'Australie, est le seul territoire où l'avortement reste illégal bien que la loi soit rarement appliquée.
Cependant, les femmes subissant des IVG dans cet Etat ainsi que les médecins qui les opèrent risquent des poursuites pénales.