Calédoniens ailleurs : Minh Dack, combattant de la dernière heure

Minh Dack, le dernier des Mohicans sur tatami
© Denis Boulanger | Minh Dack, dernier des Mohicans sur tatami, comme le surnomme l'équipe, arrive à la fin de sa carrière.

De nombreux jeunes font le choix de quitter la Nouvelle-Calédonie. Etudes, formation, recherche d’emploi, histoire d’amour, envie d’ailleurs, les raisons sont multiples. Mais qui sont ces Calédoniens qui tentent l'aventure ailleurs ? Cette semaine, Minh Dack, champion de karaté.

Ambre Lefeivre
Publié le , mis à jour le

"J’ai trop tardé à  vouloir continuer ma carrière car je courais après un titre que je n’ai jamais eu."  Fort d’une troisième place au dernier Open international de Paris, le karatéka Minh Dack est à un tournant de sa vie. Continuer sa carrière jusqu’aux championnats d’Europe de karaté? Raccrocher pour se consacrer pleinement à sa passion du graphisme? A 33 ans, l’expert du kata laisse ses rêves le guider. Des rêves qui ont façonné son long parcours de champion.
 
A 12 ans, alors que le gamin de Yahoué pratique le karaté en famille pour le plaisir, le documentaire consacré au triple champion du monde Michaël Milon le fait changer d’avis. Il décide de mener une carrière de sportif de haut niveau. Dès lors, Minh se donne les moyens de réussir et fait du kata sa spécialité. Une discipline qui ne laisse aucune place à la faute. Le jeune homme vise la perfection. Les compétitions et les victoires se succèdent. En 2001, il obtient son premier titre de champion de France à 18 ans et intègre l’INSEP à Paris. Pendant dix ans, le Cagou se perfectionne dans son sport tout suivant des formations professionnelles.  Exceller dans son art martial ne permet pas d’en vivre. En 2012, il décroche sa première médaille d’argent aux championnats du monde et fait son entrée dans la vie active. Un rythme soutenu ponctué de sacrifices mais le vice- champion ne jure que par la compétition. Il s’installe à Montpellier à la même époque pour se rapprocher du pôle France de karaté. A l’aube de la trentaine, ce "guerrier de Pacifique" comme il se qualifie, pense à sa reconversion. Il devient graphiste lui qui a toujours customisé ses affaires. Le Calédonien se lance dans une nouvelle aventure en proposant vêtements et accessoires du nom de sa marque, Mohikan Design, un clin d’œil à son surnom sur les tatamis.


Déterminé, le métis travaille inlassablement pour décrocher l’or en karaté. Mais en octobre 2015, des soucis familiaux l’obligent à rentrer en Nouvelle-Calédonie. Le sportif rate une étape du calendrier des Bleus et se voit exclu de l’équipe nationale. Sa participation et ses bons résultats à l’Open international de Paris devraient décider de sa réintégration et de la suite de sa carrière. Ce perfectionniste ne perd pas espoir. "Moi je me sens prêt. Je me sens capable de me donner une dernière chance. Je reste compétiteur et rêveur !" Obtenir le titre de champion d’Europe cette année serait, pour Minh Dack, la plus belle des manières de tirer sa révérence.

Regardez Minh Dack expliquer pourquoi il mène une longue carrière :