Rock Wamytan : "La question du corps électoral est la mère de toutes les batailles"

Rock Wamytan, invité du JT de NC1ère dimanche 3 mai 2015
© NC1ère | Rock Wamytan, invité du JT de NC1ère dimanche 3 mai 2015

Invité du JT de NC1ère dimanche 3 mai 2015, Rock Wamytan, président du groupe UC-FLNKS et Nationaliste, revient sur la situation de l’Union Calédonienne et l’automaticité de l’inscription sur la liste électorale pour le référendum de sortie.

Elif Kayi
Publié le , mis à jour le

Interrogé sur la situation actuelle de l'Union Calédonienne (UC) après le 1er avril et l'élection de Philippe Germain à la tête de l'exécutif calédonien, Rock Wamytan rejette l’idée d’une implosion de l'UC. « L’Union Calédonienne et le groupe que je préside au Congrès, le groupe UC-FLNKS et Nationaliste, a résisté à ce qu’on pourrait peut-être appelé une sorte de push », commente-t-il.

Pour le président du groupe UC-FLNKS et Nationaliste, l'Etat français a joué un rôle dans l'élection du président du gouvernement calédonien. « L’Union Calédonienne est le plus ancien parti de Nouvelle-Calédonie. De tout temps, l’Union Calédonienne a été dans la ligne de mire de l’Etat français (…) En tant qu’indépendantiste, je considère l’Etat français comme un Etat colonisateur, depuis 161 ans maintenant. Tout Etat colonisateur applique la devise de « Diviser pour régner ». »
 
Concernant la prise de position du président de l’UC, Daniel Goa, dans son alliance avec le Palika et Calédonie Ensemble, Rock Wamytan parle d’une « surprise assez désagréable, pour tous et pour moi-même ». « J’ai pensé qu’il était allé un peu trop loin car cela a quand même déstabilisé le groupe », explique-t-il.
 
Retrouvez la première partie de l’entretien avec Rock Wamytan, conduit par Alexandre Rosada, sur le plateau du JT de NC1ère : 

 

Concernant le corps électoral pour la référendum de sortie de l’Accord de Nouméa, huit critères avaient été retenus par la loi organique du 19 mars 1999, dont la participation au scrutin de 1998, ou le fait d’être né sur le territoire ou d’y prouver ses intérêts matériels et moraux. Suite aux différents recours et demandes de radiation, en février 2014, l’avis du Conseil d’Etat oblige tous les électeurs à se réinscrire avant le référendum. La question est discutée au Comité des signataires au mois de novembre dernier. Malgré le boycott de l’Union Calédonienne, un accord est trouvé. 
 
Mais le projet de loi présenté au Congrès en mars dernier ne reconnaît plus l’automaticité, que pour les électeurs de 1998 et les personnes relevant du statut coutumier. Tollé des loyalistes et rétropédalage du gouvernement français. Sur proposition du président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, lors de son récent déplacement en Nouvelle-Calédonie, un nouveau Comité des signataires sera réuni dans les semaines qui viennent, à Paris. 
 
Retrouvez le reportage en images de Bernard Lassauce pour NC1ère : 

 

« Les personnes de statut coutumier sont les seules habilitées, dans un premier temps, à se prononcer sur un référendum d’auto-détermination », appuie Rock Wamytan. « Puisque ces personnes là font partie du peuple colonisé ». 
 
Pour le président du groupe UC-FLNKS et Nationaliste, des concessions ont déjà été faites. « Maintenant, nous avons partagé ce droit à l’ensemble des populations qui sont arrivées. Nous avons fait quand même deux concessions : une première concession en 1988 (…) et en 1998, lors des discussions qui ont abouti à l’Accord de Nouméa (…) Cette question du corps électoral est la mère des batailles (…) A qui on donne le droit de vote ? Il est tout à fait normal de donner ce droit au peuple colonisé, mais aussi aux autres ». 
 
Au sujet de la non-automaticité de l’inscription sur les listes électorales pour tous les Calédoniens, Rock Wamytan n’y voit pas de discrimination. « Ce n’est pas discriminant, car les autres catégories de populations ont la possibilité de s’inscrire et si ils arrivent à justifier leurs intérêts moraux ici en Nouvelle-Calédonie, c’est tout à fait normal que ces personnes-là aient le droit de voter ».  
 
Retrouvez la seconde partie de l’entretien avec Rock Wamytan, conduit par Alexandre Rosada, sur le plateau du JT de NC1ère :