Des patients calédoniens bientôt evasanés vers la Polynésie ?

Evasan en Polynésie
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Si les patients cancéreux de Nouvelle-Calédonie sont aujourd’hui évasanés vers la métropole ou vers l’Australie pour des traitements de radiothérapie, des discussions sont en cours pour permettre des Evasan vers la Polynésie française.

Isabelle Peltier (avec Elif Kayi) Publié le , mis à jour le

Aujourd’hui, les patients calédoniens en radiothérapie sont évasanés vers la métropole et l’Australie, avec laquelle les tarifs ont été conventionnés. Mais depuis la fin de l’année dernière, l’idée d’envoyer des Evasan vers la Polynésie française circule. 
 
Le Centre hospitalier de Tahiti dispose en effet d’un centre de radiothérapie pour le traitement des cancers, et il a été envisagé par les gouvernements de Nouvelle-Calédonie et de Polynésie française d’envoyer sur place les patients calédoniens. 
 
« Il a été évoqué la possibilité de mutualiser des capacités médicales que nous avons nous ici, sur le Fenua, notamment en radiothérapie et de proposer ce service de soins aux Néo-Calédoniens », explique Xavier Pohl, directeur financier du Centre hospitalier de Polynésie. « Aujourd’hui, la Nouvelle-Calédonie a un hôpital territorial qui va déménager vers le médipole de Koutio et aujourd’hui, ils n’ont pas un service de radiothérapie ». 
 
Il y a deux semaines, le ministre de la santé polynésien a longuement rencontré son homologue calédonienne, Valentine Eurisouké, et lui a déposé un dossier complet, avec chiffres et données sanitaires à l’appui. Le dossier est actuellement en cours d’étude par les services de la  direction départementale des Affaires sanitaires et sociales (DASS).
 
« S’ils acceptent, on fera une entrée au biseau, c’est à dire qu’on prendre d’abord des patients test, une centaine et au fur et à mesure, on augmentera le nombre de patients », poursuit Xavier Pohl. 
 
Ecoutez les propos de Xavier Pohl au micro de Titaua Doom, de Polynésie Première :

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Une étude réalisée par le centre hospitalier de Polynésie vise à démontrer que celui-ci dispose des capacités médicales, techniques et d’hébergement suffisantes pour accueillir les patients calédoniens. Pour le Centre hospitalier de Tahiti, un argument clé réside dans les économies possibles avec ce type de service pour la Nouvelle-Calédonie. « D’un point de vue financier, les Evasan coûtent de 1 milliard à 1,2 milliards de francs CFP sur ce secteur-là de santé pour la Nouvelle-Calédonie », poursuit Xavier Pohl. « L’idée est de proposer une offre de soins à coûts moindres, ici, en Polynésie française, sachant aussi que ce qui inciterait ce rapprochement est aussi d’ordre culturel ». 
 
Ecoutez les propos de Xavier Pohl au micro de Titaua Doom, de Polynésie Première :

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Si l’idée d’évasaner des patients calédoniens en radiothérapie vers la Polynésie parait intéressante d’un point de vue strictement financier, des incertitudes demeurent cependant. Ainsi au-delà de l’aspect économique pour la Nouvelle-Calédonie, offrir ce type de service permettrait au service de radiothérapie de Tahiti de fonctionner à plein régime. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. En effet, ce dernier ne fonctionne pas à son maximum, d’où la nécessité pour l’instant de recourir à des accélérateurs. 
 
En janvier des élus du Congrès calédonien avaient discuté du sujet au sein de l’hémicycle, et avaient également souligné les problèmes de trésorerie du Centre hospitalier de Polynésie française. De telles incertitudes pourraient peser sur la qualités des soins offerts.