Accords Matignon: 25 ans après la mission du dialogue, le regard des Eglises et des Francs-Maçons

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Quelques jours après le terrible drame d'Ouvéa, le tout nouveau gouvernement Rocard décidait d'une mission partie de Paris pour tenter de renouer les fils du dialogue. 25 ans après, quel regard portent les Eglises et la Franc-Maçonnerie qui, à l'époque, avaient ressuscité le dialogue interrompu?

Gonzague de La Bourdonnaye
Publié le , mis à jour le

De la patience, de l'écoute, de l'humilité... Trois qualités essentielles pour que la mission, envoyée fin mai 1988 par le tout nouveau Premier Ministre Michel Rocard, ait la moindre chance de réussir. Trois semaines auparavant, la tragédie d'Ouvéa avait causé la mort de 25 personnes en deux semaines, dans un contexte politique national politisé à outrance par l'élection présidentielle.
Une idée de génie pour Michel Rocard et ses collaborateurs qui tentent de trouver les personnalités adéquates ; un haut responsable de l'Eglise catholique, un autre responsable protestant, un Franc-Maçon et deux préfets : Pierre Steinmetz et Christian Blanc, futur Président d'Air France et futur ministre, qui a l'avantage de bien connaître la Nouvelle-Calédonie.
Toute la méthode Rocard est là: subtile et.. discrètement contraignante quand il le faut... La mission connaîtra le succès que l'on sait , permettant de renouer les fils d'un dialogue fluctuant, brutalement interrompu après Ouvéa.
Aujourd'hui, les 3 institutions religieuses ou philosophiques , impliquées dans la mission du dialogue, font le même constat. Sans le courage et l'audace de personnalités politiques, connues ou dans l'ombre, la paix ne serait jamais revenue de manière durable.

"Mettre un peu plus d'intelligence dans le débat politique"

Mais derrière cette unanimité, ils reconnaissent aussi que les chantiers sont encore nombreux. Et que le débat sur la future société calédonienne est souvent confisquée par des partis politiques pas toujours à la hauteur des vrais enjeux car prisonniers de querelles souvent très personnelles et très politiciennes. 
Sur la même longueur d'ondes qu' Alain Christnacht, l'ancien négociateur de l'Accord de Nouméa qui conseillait, dans le journal télévisé de ce mardi 25 , aux partis politiques d'ouvrir les débats sur l'avenir de la Nouvelle-Calédonie à la société civile, ces personnalités religieuses ou philosophiques recommandent aux partis de mettre " un peu plus d'intelligence politique" dans les débats et d'aller plus loin que le simple clivage pro ou anti indépendance. Un objectif qui permettrait d'avancer plus rapidement, par exemple, sur la question de la citoyenneté calédonienne.

gonzague.delabourdonnaye@francetv.fr

Voir, ci dessous, le reportage de Dave Waheo-Hnasson et Michel Bouilliez (Montage: Nicolas Luiggi): 


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