NC 2025 : un rapport final qui pourrait faire référence en matière de stratégie minière

nickel
© NC 1ère

Si ses rédacteurs ne veulent pas présenter leur contribution nickel comme un contre rapport Duthilleul, l’analyse et les conclusions du rapport nickel d’NC2025 divergent considérablement de celles proposées par le Comité Stratégique Industriel fin 2012.

Angélique Souche Publié le , mis à jour le

A l'évidence , Il s’agit d’un désaccord de fond, puisqu’il porte sur l’essentiel : la stratégie à mettre en place pour optimiser la valorisation de la ressource nickel pour les prochaines décennies.
Le CSI (Comité Stratégique Industriel)  a abouti à deux conclusions : la première, c’est que le meilleur modèle est celui de la production locale, incarné par la SLN, et la seconde que la Nouvelle-Calédonie a intérêt à ne pas intensifier sa production afin d’éviter de saturer le marché du nickel, ce qui ferait inévitablement chuter les cours.
Deux points contredits par les spécialistes nickel d’NC 2025, qui estiment que le rapport Duthilleul ne prend pas suffisamment en compte, d’une part les risques liés à l’évolution du marché mondial et d’autre part le déficit de compétitivité de la Calédonie, un peu comme si le Caillou pouvait s’extraire de la réalité mondialisée et concurrentielle du monde.
Concrètement, nos trois usines actuelles - la SLN en tête - risquent d’être rapidement confrontées à un problème de rentabilité.
Avec d’un côté l’avènement des usines hydrométallurgiques, et de l’autre la concurrence croissante des produits de substitution tels que les "Pig Iron" chinois, les prix du nickel semblent condamnés à se stabiliser à des niveaux plus bas que ceux observés ces dernières années. Sachant que les coûts de productions calédoniens figurent parmi les plus élevés au monde, la rentabilité des usines ne sera plus garantie, et la fermeture pure est simple de ses usines n’est pas à exclure.
C’est pourquoi, le rapport d’NC2025 plaide pour une stratégie diversifiée qui favorise aussi les projets dit "offshores", c’est-à-dire les usines montées à l’étranger avec du capital calédonien, à l’image du projet Posco.
NC2025 préconise même une accélération de l’exploitation minière en Calédonie, tant que les conditions ne sont pas trop défavorables. Il s’agit ensuite de faire fructifier « ce trésor de guerre » dans un fonds souverain.
En clair, un franc certains aujourd’hui est préférable à un franc hypothétique demain. Et le rapport de conclure avec cette métaphore :
« La Calédonie doit décider si elle préfère avoir ses tonnes de nickel en terre ou en banques ! »

Angélique Souche