Artiste en Nouvelle-Calédonie: le parcours du combattant?

OldIfrika

Pour être artiste en Nouvelle-Calédonie, il faut du talent bien sûr, de l’ambition aussi mais avant tout des informations essentielles sur la façon de produire et de distribuer une œuvre.

Daphné MARESCA (avec GLB ) Publié le , mis à jour le

En Nouvelle-Calédonie, il n’est pas compliqué de trouver une boîte de production capable d’enregistrer et « masteriser » un album. En revanche, lorsqu’il s’agit de trouver des subventions permettant d’achever un projet musical, ça se corse !
 
Sur le territoire, plusieurs organismes proposent des aides à la création. La Province Sud, par exemple, offre depuis plusieurs années une aide à la création musicale pouvant couvrir jusqu’à 70% du coût global de production. Pour en bénéficier, il suffit de fournir un formulaire dûment renseigné mais aussi de remplir les quelques conditions d’attribution exposées sur le site internet de l’institution.
 
En 2011, l' ADCK (Agence de Développement de la Culturel Kanak) s’est aussi lancée dans l’aide à la création, avec une subvention de 700 000 francs disponible pour les candidats choisis. Cette possibilité n’a cependant pas été reconduite en 2012.
 
Enfin, la SACENC (Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Nouvelle-Calédonie) s’engage, elle aussi, à aider les musiciens du caillou. Au cours de l’année 2012, la société a soutenu une trentaine de projets musicaux, allant de la création d’album au tournage de clip. Outre les différentes aides culturelles qu’elle fournit, la SACENC est un passage obligatoire pour un artiste. C’est en effet cette société qui protège et distribue toutes les productions musicales du territoire. Pour en faire partie et bénéficier des droits d’auteurs sur un projet, il suffit de se soumettre à quelques conditions ; tout d’abord, l'inscription d’un minimum de cinq œuvres avec, pour chacune d’entre elles, un bulletin de déclaration d’œuvres musicales à remplir, mais aussi d’autres formalités à retrouver sur le site de la SACENC.  


Produire un disque n'est pas une sinécure!
 
Pour autant, produire un disque n'est pas toujours facile! Le groupe de hip-hop et reggae dancehall OLDIFRIKA, prochainement en tournée à l'occasion de la sortie de son nouvel album, a connu bien des difficultés. N’ayant pas d’autre choix que de se placer en auto- production pour se faire un nom dans le monde de la musique calédonienne, les membres du groupe avouent avoir du mal à finaliser l’album dont la sortie est reportée au mois de Mars 2013. Après avoir déboursé 1 750 000 francs de leur propre poche pour la production de l'album, le groupe aurait encore besoin de 600 000 francs pour terminer le projet. «  Les aides à la création  prennent du temps pour se mettre en place (3 mois) ou nécessitent des conditions quelque peu compliquées à remplir. Nous sommes actuellement parrainés par Nescafé Star ,mais, malheureusement, malgré leur soutien conséquent, ce n’est pas suffisant. Nous avons aussi bénéficié d’aides pour l’enregistrement, la composition et la communication, mais le financement d'un tel projet, c'est vraiment compliqué! » reconnaît leur leader.

Les parrainages et autres subventions existent bien mais elles sont souvent difficiles à obtenir pour les artistes émergents du territoire. Un problème qui pourrait peut-être trouver une solution dans un avenir proche, le Congrès s’apprêtant à voter une convention, voulue par la ministre Dewe Gorodey, sur le statut et la condition des artistes en Nouvelle-Calédonie .

Daphnée MARESCA (avec GLB)


Pour plus d'informations sur le groupe OLDIFRIKA, c'est par ici 

Ci dessous , le clip de ce jeune groupe :