Nouvelle-Calédonie : intenses spéculations autour d’Eramet, de la SLN et du nickel

Plaques de nickel calédonien Eramet-SLN
© Alain Jeannin | Cathodes de nickel pur de l'usine Eramet de Sandouville, en Normandie.

La cotation boursière du producteur minier et métallurgique a été victime de nouvelles informations spéculatives. Eramet plombé par des rumeurs « d’appel au marché » a fini la séance de lundi en très forte baisse. Mardi matin la spéculation baissière se poursuivait.

Alain Jeannin
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Lundi, le titre boursier du premier producteur mondial de ferronickel en Nouvelle-Calédonie a décroché de 7,25 % à 22,54 euros. Depuis le début de l’année Eramet accuse un recul de 25 %. Des rumeurs et informations faisant état d’une possible recapitalisation du groupe font chuter l’action en Bourse. La recapitalisation se situerait entre un et deux milliards d’euros.
 

Un démenti qui laisse sceptique.

Dans un entretien accordé au quotidien libéral et pro-business l’Opinion, Thomas Devedjian, directeur général adjoint du groupe en charge des finances dément tout projet de recapitalisation : « Il n’y a pas de projet d’augmentation de capital à l’étude ». Mais, comme l’indiquait récemment le 1ere.fr, des discussions ont bien eu lieu entre l’agence des participations de L’État et la famille Duval, première actionnaire d’Eramet.

La recapitalisation à l'horizon.

Selon deux spécialistes du dossier, il semble logique d’envisager une recapitalisation, une ouverture de capital pour un groupe qui a accumulé 1,24 MdE de pertes nettes ces trois dernières années. En Nouvelle-Calédonie, la filiale nickel de la SLN (Société Le Nickel) perdrait encore 20 millions d’euros par mois. Des réductions de coûts ont déjà été engagées, mais elles doivent se poursuivre. Les deux concurrents locaux du groupe français, Glencore et Vale, ont accumulé des pertes encore plus importantes en raison de la crise mondiale des prix du nickel.

Les nouvelles informations concernant une éventuelle recapitalisation d’Eramet interviennent à moins de trois semaines de la visite de Manuel Valls en Nouvelle-Calédonie. Le Premier ministre devrait éclaircir la situation de la SLN et indiquer, pendant sa visite de l’usine de Doniambo, les choix stratégiques et financiers retenus par l’État. Il s’agit de sauver la SLN et la filière française du nickel. En Nouvelle-Calédonie, la SLN est le premier employeur de l’archipel et la plus ancienne usine métallurgique de la zone Asie-Pacifique. En attendant, la spéculation reprend ses tours.