#NousToutes : en Outre-mer, les violences sexistes plus nombreuses

Violences conjugales
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La journée du 24 novembre 2018 est marquée par une cinquantaine de rassemblements inédits dans tout l'hexagone pour lutter contre les violences sexistes. Viols, agressions, violences conjugales : dans les Outre-mer, le constat aussi est alarmant. 

Marie Boscher (avec AFP) Publié le , mis à jour le

"Ras le viol", "Stop aux violences sexistes, stop à l'impunité", "Abuse de l'amour, pas des femmes"... Autant de slogans pour exprimer une colère et un besoin de changement profond. Samedi 24 novembre 2018, à l'initiative du collectif #NousToutes, des "dizaines de milliers de personnes" selon les associations féministes, se sont rassemblées dans toute la France pour dénoncer les violences sexistes. Une marche est également prévue à Cayenne, comme le précise le député de la 1ère circonscription de Guyane Gabriel Serville.
 


En revanche, à La Réunion, le mouvement a été éclipsé par celui des gilets jaunes, comme le craignaient les militants. Les marches prévues ont été annulées en raison du conflit social qui agite l'île depuis une semaine. 


Du témoignage à l'action

 

Dans la lignée des mouvements #MeToo et #Balancetonporc qui ont délié les langues sur les violences faites aux femmes, ce collectif souhaite "passer du témoignage à l'action". A la veille de la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, c'est donc un véritable coup de gueule qui est passé. "[Il faut] des mesures ambitieuses et des moyens financiers suffisants pour que l'action publique mette la lutte contre les violences en top des priorités", écrit le collectif. 
 
Il y a un an, Emmanuel Macron avait décrété l'égalité femmes/hommes "grande cause du quinquennat". Interrogée par l'AFP, Caroline de Haas, l'une des instigatrices des marches du 24 novembre, estime à 2 milliard d'euros le budget nécessaire pour lutter efficacement contre les violences faites aux femmes. 

Selon les chiffres officiels, en 2016, 123 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-compagnon. Chaque année, près de 220 000 femmes subissent des violences. Plus de 250 femmes sont violées chaque jour et une sur trois a déjà été agressée sexuellement au travail.
 

Un fléau en Polynésie et en Nouvelle-Calédonie


En synthétisant plusieurs analyses chiffrées, le Conseil économique, social et environnemental a déterminé dans un rapport remis en 2017 que les violences faites aux femmes étaient plus nombreuses Outre-mer que dans l'hexagone. Si 2,3% des métropolitaines déclaraient avoir été victimes d'agression physique par leur (ex-)conjoint dans les 12 derniers mois, le chiffre montait à 17% pour la Polynésie et 19% pour la Nouvelle-Calédonie. Les femmes de ces deux territoires sont également huit fois plus victimes d'agressions sexuelles par leurs conjoints que dans l'hexagone. 

En Polynésie, les associations se mobilisent, notamment à travers l'enseignement de gestes de self-défense.
Les explications de la rédaction de Polynésie la 1ère :
 

Enrayer la violence familiale aux Antilles


Selon cette même étude, La Réunion et la Martinique affichent en revanche des taux proches de celui de la métropole. Et du côté de la Guadeloupe, si les chiffres sont en baisse, ils restent tout de même inquiétants : depuis début 2018, 1326 femmes ont été victimes de violences physiques et 8 femmes ont subi une tentative d'homicide. 

Les autorités continuent donc le travail de sensibilisation, grâce notamment à des réunions pour aider les couples à gérer les conflits :
 

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