Gauguin partira seul à Tahiti, en 1891, croyant y découvrir un pays sauvage et intact, mais il arrive au moment où meurt le dernier roi polynésien, Pomaré V, c’est la fin de toute une culture. Le peintre a raconté dans un récit, « Noa Noa », qui a inspiré le film, ce premier séjour de Papeete à Mataiea, ou il peindra 70 chefs d’œuvres en 18 mois.
C’est Vincent Cassel qui l’incarne avec ferveur et une certaine rage, plongé au cœur d’un Polynésie loin de la carte postale – on ne voit aucun lagon bleu, et le ciel est souvent lourd - , et où le nom de Gauguin est difficile à prononcer… Vincent Cassel a appris quelques mots de tahitien pour les besoins du tournage, mais c'est une vraie Polynésienne, Tuei Adams, qui s'impose à ses côtés : elle incarne avec grâce et mélancolie Tehura, amour et modèle du peintre. Plus âgée que dans la réalité… une réalité qui donne à Gauguin, par son goût des très jeunes filles, une mauvaise réputation en Polynésie que le réalisateur Edouard Deluc a préféré écarter.
Ce Gauguin-là est d’abord un film d’aventures, emporté par la fougue désespérée mais ô combien créatrice de son héros, qui questionne aussi la notion de civilisation et le passé colonial de la France dans le Pacifique…
GAUGUIN VOYAGE DE TAHITI EXTRAIT

Paul Gauguin en immersion dans une famille polynésienne de Tautira  - Studio Canal