Nicolas Sarkozy veut en finir avec la "culpabilité post-coloniale"

Nicolas Sarkozy a la Baule
© CITIZENSIDE / Francois PAULETTO | Nicolas Sarkozy à la Baule

A la Baule, l'ancien président Nicolas Sarkozy s'est exprimé sur la politique étrangère, qu'il veut à la fois tournée vers la Méditerranée, favorable au développement économique de l'Afrique, et libérée de toute "culpabilité post-coloniale".

Maïté Koda
Publié le , mis à jour le

Baisse progressive des allocations chômage, passage de la semaine des fonctionnaires à 37 heures, internat forcé pour les jeunes en décrochage scolaire, sous menace de suppression des allocations sociales pour leurs familles… Pour son retour en politique, quatre ans après avoir annoncé son retrait, Nicolas Sarkozy veut de nouveau incarner "l'autorité", et dénoncer "la pensée unique".

 

Faut qu'on arrête maintenant avec notre culpabilité post-coloniale







Neuf ans après le discours de Dakar, lors duquel Nicolas Sarkozy, alors président, assurait que l'homme africain "qui jamais ne s'élance", n'était "pas assez entré dans l'Histoire" il est revenu brièvement sur les relations entre l'Europe et l'Afrique.
"Faut qu'on arrête maintenant avec notre culpabilité post-coloniale. Le destin de l'Afrique et celui de l'Europe sont liés. Au lieu de consacrer l'argent des Européens à demander à la Turquie de gérer des camps qu'elle ne gère pas, (…) je préfère que l'on aide l'Afrique à se développer.  A une seule condition : l'argent des Européens doit servir les entreprises européennes, pas les entreprises chinoises".
 
"La réussite du développement économique de l'Afrique nous permettra de traiter un flux migratoire que nous ne pouvons pas traiter nous-même", a-t-il poursuivi.
Des propos sur la culpabilité coloniale qui font écho à la sortie de François Fillon, également candidat à la primaire à droite sur la "colonisation qui visait à partager sa culture aux peuples d'Afrique"
 

 "Marcher sur la tête"

Lors de ce même discours, qui marquait la clôture de ce rassemblement des républicains de deux jours à la Baule, l'ex-président a ainsi ironisé sur les participants à la Nuit Debout. "Ces gens qui vivent la nuit et qui dorment le jour…" avant de s'attaquer à un atelier  "Paroles Non blanches" réservé aux femmes noires.
 
"J'ai vu que Place de la République, il y avait eu un atelier, interdit au Blancs, pour que les minorités visibles ne se sentent pas oppressées. Quand je vois des idées pareilles, je me demande si la France n'a pas fini par marcher sur la tête".
 

Vers un SMA national?

Autre source d'inspiration pour Nicolas Sarkozy, le Service militaire adapté, un dispositif militaire ayant pour vocation de favoriser l'insertion des jeunes éloignés de l'emploi. Un procédé "que le Général de Gaulle a mis en place et qui existe toujours en Outre-mer", a rappelé le candidat.  "Si vous avez 18 ans, vous êtes un habitué de l'école buissonnière. Vous n'avez pas d'emploi, ni formation… on ne vous demandera pas votre avis. Vous serez obligé de faire un service militaire ou vous apprendrez à vous lever tôt, à respecter un minimum de discipline, et même à apprendre le Français", a-t-il poursuivi.
 
L'accession au dispositif du SMA se fait, à ce jour, sur la base du volontariat.   Selon le ministère des Outre-mer, en 2014, 78% des jeunes volontaires ont ensuite obtenu un emploi, dont 48% un emploi durable.