Nickel & cobalt : Vale va investir 500 millions de dollars dans son méga-complexe minier en Nouvelle-Calédonie

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© Vale | Fabio Schvartsman, le PDG de Vale, au centre.

La production de nickel de la multinationale Vale en Nouvelle-Calédonie (VNC) va grimper. De 35.000 tonnes aujourd'hui, à 50.000 tonnes dans deux ans. Sans oublier le cobalt. Son PDG, Fabio Schvartsman, injecte 500 millions de dollars dans l'usine du Sud.

Alain Jeannin
Publié le , mis à jour le

Oubliées les invectives et les menaces de fermeture de l’usine calédonienne de nickel et de cobalt. L’essor du marché mondial des batteries des véhicules électriques a sauvé Vale Nouvelle-Calédonie. Mieux, le PDG du groupe minier brésilien a trouvé les 500 millions de dollars nécessaires à la valorisation de son actif calédonien. A New-York puis à Londres, devant les investisseurs du secteur, le directeur général de Vale, Fabio Schvartsman s’est prononcé clairement sur l’avenir de sa filiale calédonienne. L’usine va prendre une place essentielle dans la stratégie de la multinationale brésilienne au niveau mondial. Plus question de chercher à tout prix un investisseur à même de prendre 20 % à 40 % du capital. Interrogé sur la décision de faire cavalier seul, M. Schvartsman a déclaré à Fastmarkets (Metal Bulletin) : "Nous pensions initialement pouvoir trouver un partenaire, mais c'était avant la mise en place d'une stratégie pour les véhicules électriques."
 

En avance sur la concurrence

Avec sa grande usine du Sud en Nouvelle-Calédonie, Vale dispose d’un complexe intégré qui répond  immédiatement à la demande de nickel pur et de cobalt du marché chinois. Un atout face à une concurrence régionale encore largement absente du secteur de l’hydrométallurgie du nickel et du cobalt. Mais une concurrence qui n'entend pas en rester là. BHP Billiton annonce l’entrée en production de son complexe industriel  de Venus Nickel en Australie, début 2019. Un site qui sera directement concurrent de Vale Nouvelle-Calédonie, mais dont la production n’arrivera pas sur le marché avant de nombreux mois. Un délai que compte utiliser Vale pour conforter les positions calédoniennes sur le marché chinois.
 

New-York et Londres 

Encore interrogé par des investisseurs sur la situation de son usine calédonienne, Fabio Schvartsman s’est montré optimiste pour la demande du marché des véhicules électriques. Une utilisation encore faible, mais en forte croissance pour le nickel. Avant d'ajouter, souriant : "nous aurons besoin de toute la capacité de Vale Nouvelle-Calédonie pour répondre à cette demande". Les mêmes mots ont été prononcés à Londres, face à d’autres investisseurs, ce jeudi 6 décembre en fin de matinée.
 

500 millions de $ pour l'usine du Sud

Le PDG de Vale a ensuite annoncé qu'il investirait  500 millions de dollars entre 2019 et 2022 dans son usine calédonienne. Une information reprise jeudi soir à Londres par Fastmarkets (Metal Bulletin) puis par la presse économique britannique. "Nous pensons que Vale Nouvelle-Calédonie pourrait devenir une usine essentielle dans notre approvisionnement du marché du nickel" a conclu M.Schvartsman.

Vale dispose de deux autres unités comparables à l'usine calédonienne. Son site historique de Vale-Inco à Port Colburn au Canada et enfin son usine hydrométallurgique de Terre-Neuve toujours au Canada, face à Saint-Pierre-et-Miquelon.Vale est le premier producteur mondial de fer, il produit environ 250.000 tonnes de nickel par an, suivi du cuivre et du platine. Par un étonnant retournement de situation, Vale Nouvelle-Calédonie est passé du rang de mauvais élève à celui de premier de la classe...
 

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