Le musicien martiniquais Félix Pastel trace un "Chimen Bèlè" dans son premier album

Félix Pastel
© DR | Félix Pastel (à gauche) avec son fils Samuel.

Pour son tout premier album, le Martiniquais Félix Pastel invite à une immersion dans la culture patrimoniale de son île au rythme de la tradition Bèlè : musique, danse, chants et philosophie de vie hérités des résistances à l’esclavage.
 

Philippe Triay
Publié le , mis à jour le

Depuis les années quatre-vingt, on assiste à un renouveau de la tradition Bèlè en Martinique et dans l’Hexagone. De nombreuses associations se sont constituées, qui organisent des cours, des stages et des soirées qui attirent de plus en plus de monde. Se déclinant en musique, chants, danses et véritable philosophie de vie avec ses notions de partage et de solidarité, le Bèlè a constitué l’un des fondements de la culture martiniquaise. Il a figuré au cœur de plusieurs activités comme le travail, le divertissement ou la lutte traditionnelle.

C’est à ce patrimoine que Félix Pastel a souhaité rendre hommage avec son album "Chimen Bèlè". Un retour aux sources pour celui qui a passé 30 années dans l’Hexagone, également marqué par la reconnaissance envers les figures emblématiques du Bèlè, les "Gran Zansyen" comme Ti Emile, Eugène Mona et Ti Raoul. Pour son projet, Félix Pastel, qui est au chant, s’est entouré de "Moun Bèlè" reconnus. En particulier Jean-Philippe Grivalliers au tambour et Roger Mayaut au ti-bwa. Musiciens auxquels il faut ajouter son fils Samuel Pastel, un adolescent en passe de devenir un maître tanbouyé !  
 

"An bel bagay"

L’album déroule en créole une part de l’histoire, du patrimoine et des anecdotes populaires de la Martinique. Les déboires de l’agriculteur Joseph, qui dépense son maigre salaire aux jeux le week-end ; la vie du quartier La Josseaud à Rivière-Pilote ; les nombreux événements qui ont marqué le mois de mai dans l’île, comme l’insurrection des esclaves du Carbet en 1848 et l’éruption de la Montagne Pelée en 1902 ; la "profitasyon" des patrons ; un clin d’œil à la "fanm a lèlè", la femme extravagante et forte ; l'évocation des faux pas ("mantjé tonbé") dans la vie quotidienne…

En bref comme l’exprime si bien la chanson "Lè Nou Rasanblé" (On est ensemble en toute convivialité), "Chimin Bèlè" "Sé an bel bagay, an bel plézi, tout moun an kontan !" Les titres et l’album sont en écoute libre et téléchargeables via les plateformes légales Deezer, iTunes et Spotify.