Un nouveau régime politique est né aux Comores

Mutsamudu

On attend les résultats officiels du référendum aux Comores. D’ores et déjà le ministre de l’intérieur s’est félicité d’une « bonne participation ». Il avance un chiffre de 63%. L’opposition dénonce un bourrage des urnes. La victoire du « oui » est considérée comme acquise.

 

Bruno Minas
Publié le , mis à jour le

Après une journée de scrutin marquée par des bureaux de vote vides et des urnes pleines, les Comoriens se retrouvent avec un nouveau régime politique. Le système de la présidence tournante a vécu. Il avait été mis au point en 2001 à l’issue d’intenses négociations entre « séparatistes » et « unionistes », pour mettre fin à une crise qui avait vu l’île d’Anjouan prendre son indépendance vis-à-vis de la Grande Comore. Depuis, chaque île a eu son tour de présidence. Désormais les Anjouanais devront attendre 10 ans avant de voir l’un des leurs accéder au pouvoir. Les Mohéliens attendront 20 ans.

Ce n’est pas la seule conséquence. Le pouvoir présidentiel est renforcé. La Cour Constitutionnelle est supprimée. Les vice-présidents représentant les îles n’existent plus. Pour ses défenseurs, cette nouvelle loi fondamentale est la marque d’un pays unifié. La tournante n’était, selon eux, qu’un médicament.Le traitement est terminé. Pour ses détracteurs au contraire, ce nouveau régime plus centralisé risque de réveiller le séparatisme et  faire replonger les Comores dans l’instabilité.