A Mayotte, les étrangers sans papiers chassés par les villageois

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Les mahorais sont entrain de faire le sale boulot.
Le village de Choungui, dans la commune de KaniKéli au sud de Mayotte a chassé les familles en situation irrégulière. D'autres villages du sud se préparent à procéder à d'autres expulsions.
 

Chamsudine Ali
Publié le , mis à jour le

Après, ceux de Poroani, de Tsimkoura, de Kani Bé et de Mbouini, les habitants de Choungui ont expulsé les étrangers sans papiers de leur village dimanche dernier. Une action préparée depuis des jours et qui était connue même des autorités, selon un des organisateurs. Leurs habitations en tôles et cartons pour la plupart ont été démolies. Des familles entières se retrouvent ainsi sans abris. En ce jour de reprise des cours se pose aussi la question de la scolarité des enfants. Une situation humanitaire difficile qui est dénoncée par des associations humanitaires. C’est surtout l’attitude des autorités qu’elles fustigent. La lutte contre l’immigration clandestine doit être du ressort de l’Etat. Tout le monde le sait désormais à Mayotte. Mais ceux qui soutiennent ses opérations hors la loi donnent les raisons suivantes : Les politiques des gouvernements en matière d’immigration n’ont pas pu enrayer le phénomène d’immigration massive vers l’île au lagon. Au contraire, ils auraient décelé un certain relâchement.
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Et la deuxième raison avancée est pour le moins vicieuse. Beaucoup de responsables politiques parisiens, notamment des ministres, et les préfets accusent les mahorais de complicité dans l’accueil et l’installation de clandestins dans le département.  Et donc cette campagne de délogements de sans papiers serait une façon de montrer que ces allégations ne sont pas fondées. La vague des expulsions s’étend donc sur tout Mayotte ; lentement mais surement. En tous les cas, pas assez semble-t-il, pour provoquer une réaction des autorités.
A Bandrélé la rumeur coure depuis des jours.
Les personnes chassées se retrouvent en grande partie à Mamoudzou ou à Dapani et Mtsamoudou. 
Cette situation ne peut pas durer dans un Etat de droit. Le gouvernement ne peut pas fermer les yeux plus longtemps, car en cas de dérapage, il va falloir que chacun assume sa part de responsabilité.

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Les familles en plein moment de partage à Mtsahara

Les associations ont invité les aidants à venir les voir pour leur proposer des solutions à leur situation.