[L'EDITO ] Les idées reçues au sujet de Mayotte et les mahorais vis-à-vis de l'Europe

ismael combo

Dans quatre mois nous votons pour les européennes. Ce sera précisément le 26 mai 2019. Ce jour-là, nous reprendrons le chemin des urnes pour élire nos députés, nos représentants au parlement de l’Europe. 

Ismael Saïd Combo Yacout Publié le , mis à jour le

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Le 26 mai prochain, Cela va faire 40 ans que nous votons aux européennes, puisque la première fois c’était en 1979. Cela fait longtemps également que nous bénéficions des dotations de l’Europe, sans trop le savoir.

De deux choses l’une, soit de façon délibérée l'on nous cache certaines choses, certaines vérités, pour nous entretenir dans l’ignorance, dociles et moins revendicateurs, soit on érige devant nous, des murs d’obstacles, de droit et de non droit, et cela depuis très longtemps.

Par conséquent, on finit par s’y habituer, et devenons des attentistes.
Les plus assimilés, et ils sont nombreux parmi nous, relaient cet état d’esprit, le prennent à leur compte et deviennent les premiers remparts à franchir avant de parvenir à décrocher ce dont on y a droit.
Depuis l’époque du statut de collectivité territoriale en 1976, on nous a toujours rabâcher des formules toutes faites du type…  

Mayotte n’étant pas un département vous n’avez pas droit à ceci et encore moins à cela.


Cela a continué ainsi pendant toute la durée du statut, un peu plus de 25 ans, alors que, paradoxalement, grâce aux fameux FED, les fonds européens de développement, et les FACE (fonds d’aménagement, de construction et d’électrification), des opérations d’adduction d’eau, d’électrification rurale, base de tout développement, s’opéraient à Mayotte.

Seul, Younoussa Bamana, ancien président du conseil général de Mayotte, nous chuchotait tout bas dans nos débuts de journalisme :

 nous avons le même passeport et la même pièce d’identité, je ne vois pas pourquoi les uns seraient traités, avec plus d’égard que les autres ...

sous-entendu les mahorais. 

Malgré tout, on a toujours continué dans les entreprises publiques comme privées, à tenir ce langage et ces pratiques discriminatoires, pour mieux priver les mahorais de certains avantages.

Le statut de la collectivité départementale arrive en 2001, cela a continué !
 

Vous n’êtes pas encore département , vous n’avez pas droit à ceci ni à cela.


Aujourd’hui que le statut de Mayotte a évolué vers la départementalisation, cela va faire 8 ans, le langage d’exclusion a lui aussi évolué !

Il est devenu :  

Vous ne savez pas encore monter des dossiers !


Nous faudra-t-il un autre Bamana pour aller crier sur tous les toits qu’à Mayotte en 2019, nous avons des docteurs ès droit, des docteurs ès lettres, des docteurs ès médecine, des docteurs ès mathématiques et sciences de la nature !

Des docteurs ès physique ou chimie, des juristes, je fais ici un coucou amical à l’ancien député de Mayotte Abdoulatyfou Aly en passant, juriste de formation.

Nous avons des hauts fonctionnaires mahorais, des Administrateurs territoriaux, il y’en a 5 dans le département, nous les connaissons tous, capables de monter de gros dossiers ! Des chercheurs aussi, il y en a !

La liste est longue. Oui, elle est longue Messieurs les élus !
Vous avez de l’or dans les mains, des jeunes mahorais capables de monter les dossiers que vous avez besoin, ils ont montré leurs preuves avec tous les bâtiments et les infrastructures qui vous entourent, hôpitaux, établissements scolaires, routes, port, aéroport etc…

Ils sont là, sollicitez-les ! Matures et intelligents… ce n’est pas le GSM-976 qui nous contredira. De l’ingénierie mahoraise il y’en a !
On se doit de lui faire confiance.
 

L'EDITO: les clichés et idées reçues au sujet de Mayotte et les mahorais vis-à-vis de l'Europe



 

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EXTRAIT : Réaction de Jean-François Colombet, préfet de Mayotte

Réaction de Jean-François Colombet, préfet de Mayotte, suite à un suicide d'un demandeur d'asile. Extrait du JT de Mayotte la 1ère du 30 juillet 2019.