Echos de campagne

Echos de campagne

Dernier jour de campagne avant le premier tour ce dimanche. Pour cette élection législative il y a  7 882 candidats, pour 577 sièges ; soit une moyenne de 14 candidats par siège à pourvoir.

Chamsudine Ali
Publié le , mis à jour le

C’est beaucoup. A titre de comparaison, par exemple en Grande Bretagne où ont eu lieu des élections législatives hier, il y avait 3 300 candidats pour 650 sièges. En France le nombre de candidats augmente ; il y en a trois fois plus qu’il y a trente ans. Certaines candidatures sont fantaisistes et n’ont aucune chance. En 2012, 40% des candidats ont fait moins de 1% des voix.
 
Même phénomène outre mer, beaucoup de candidats
 
Plus de 300 pour 27 sièges. Il y a par exemple la Guadeloupe  avec 82 candidats pour quatre sièges ; la Réunion 89 candidats pour 7 sièges. Mayotte est dans la moyenne avec en tout 32 candidats pour deux sièges. 17 dans une circonscription, quinze dans l’autre ; rien d’exagéré.

Dernier jour autorisé pour les sondages du 1er tour. L’avance de la République en Marche d’Emmanuel Macron est confirmée par toutes les études.
 
La dernière mesure IPSOS donne 31% d’intention de vote pour la République en Marche, 22 % pour les Républicains, 18% pour le Front National, 11,5% pour la France Insoumise et 8,5% pour le PS. Dans toutes les projections le parti présidentiel obtient la majorité absolue  à l’Assemblée.
 
Mais la participation ne s’annonce pas bonne, un français sur deux seulement irait voter.
 
Selon un sondage ODOXA la participation pourrait atteindre les 52%. Soit donc 48% d'abstention. Pour rappel, cette même abstention était de 42,7% en 2012. A ce niveau il s'agirait ni plus, ni moins, que d'un "record d'abstention sous la Ve République". 
Dans ces conditions, il va être difficile, y compris pour les candidats macronistes de se qualifier dès le premier tour. Avec une abstention aussi forte, atteindre 12,5% des inscrits - certes non des suffrages exprimés - pour se maintenir au second tour risque d'être compliqué pour tout le monde.

Cette élection sera sous haute sécurité. Au total, 50 000 policiers et gendarmes seront de nouveau mobilisés ce dimanche et le 18 juin sur fond de menace terroriste.
 
Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb « a décidé de reconduire le dispositif de sécurisation qui avait été mis en place à l'occasion de l'élection présidentielle. Les 50 000 policiers et gendarmes participeront avec des militaires de l'opération Sentinelle à la sécurisation d'environ 67 000 bureaux de vote. « Dans chaque département, sous l'autorité du préfet, un important travail d'analyse et de coordination a été réalisé avec les responsables de la police et de la gendarmerie nationales afin de préciser les modalités locales d'action ». Précisions apportées par un communiqué du ministère de l’intérieur.
 
A la Réunion, une jeune candidate de la République en Marche fait des propositions radicales sur la fiscalité outremer.
 
Il s’agit d’Anaïs Patel, investie par le parti « la République en Marche ». Elle propose la suppression de l’octroi de mer, considéré comme un impôt colonial. Elle voudrait commencer par le supprimer pour les voitures ; car elles sont chères à la Réunion, alors que le réseau de transports en commun n’est pas assez développé. Parmi ses propositions il y a aussi l’idée de débaptiser le ministère des outremers en l’appelant « Ministère des français des Océans .
Elle veut aussi implanter une zone franche globale sur l’ensemble de la Réunion

L’ancien ministre de l’intérieur de François Hollande, et ancien premier ministre Bernard Cazeneuve retourne dans le privé.
 
Bernard Cazeneuve n'est pas candidat à sa réélection, dans le département de la Manche mais il bat la campagne pour le Parti socialiste. Quitte à aller soutenir certains candidats en grande difficulté. "Je ne suis pas de ceux qui abandonnent les combats, les amis, quand il y a des tempêtes", Dit-il.

Une fois la campagne terminée, il reprendra sa robe d'avocat dans un cabinet parisien où il a déjà exercé au début des années 2000. Un choix qu'il fait apparemment sans trop de regrets. "J'ai eu la chance de faire tous les mandats, mais je n'ai jamais été dans l'addiction", Bernard Cazeneuve a été député maire de Cherbourg.
Pas question pour autant d’abandonner la politique ; Bernard Cazeneuve entend continuer à militer pour le parti socialiste.

Le ministre du budget Gérald Darmanin reproche certains Républicains  de trop se rapprocher du Front National
 
Gérald Darmanin lui-même ancien élu des Républicains passé dans le camp Macron répond à une interview dans le journal « le Monde ». Il dit : « J’ai vu des dirigeants LR discuter pendant des heures sur la consigne de vote contre Marine Le Pen au second tour de la présidentielle ! Certains ont même prôné le vote blanc : je n’ai plus grand-chose à voir avec eux ».
Selon Gérald Darmanin, le gouvernement et le président Macron doivent absolument réussir sinon dans 5 ans, c’est Marine le Pen qui risque fort d’être élue.
 
Parmi les plus de 7800 candidats, on trouve quelques noms célèbres, ou plutôt quelques homonymes assez étonnants.
 
Il y a une Catherine Deneuve qui se présente en Charente Maritime, et incroyable hasard, à Rochefort précisément. La célèbre actrice Catherine Deneuve avait joué dans «Les demoiselles de Rochefort ». La candidate Catherine Deneuve a été investie par le parti animaliste.
Vous avez aussi une dame Napoléon qui se présente dans le Var sous l’étiquette des Républicains.
Et puis, encore plus surprenant, il y a un Obama qui se présente en Côte d’Or à Dijon. Il ne s’appelle pas Barack Obama, mais Boris Obama, il est d’origine camerounaise. Et pour jouer de son nom, il a adopté le slogan « Yes we can », alors qu’il se présente sous les couleurs de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.